‹ MaïmonideChapitre 133 sur 195 · Guide, I. r.h. fig, p. 3nfi · texte numérisé non relu

Guide, I. r.h. fig, p. 3nfi

h. Guide, III, ch. 60. Et non seulement les lois, mais les récits de l'Écriture ont ce double objet; voir Guide, III, ch. 50.

de conscience, d'un sentiment moral naturel, et de liberté1. Dieu récompense l'homme pieux pour tous ses actes de piété et de droiture, quand même ils ne lui auraient pas été commandés par un prophète, et il punit toute mauvaise action, dût-elle n'être point défendue par un prophète, étant donné qu'elle lui est interdite parle sentiment naturel qui prohibe l'injustice et l'iniquité2.

Dans l'homme, à la matière se trouve associée une forme très noble qui nous permet de maîtriser la matière et de la perfectionner. Cette forme met dans notre âme une aspiration vers ce qu'il y a de plus élevé, elle nous pousse vers les choses intelligibles; cette forme veut s'unir à l'intellect divin dont elle tire son existence3.

Tandis que le vrai et le faux sont de l'ordre intelligible, le bien et le mal sont du domaine des opinions probables. Tant qu'Adam demeura dans l'état premier et parfait, il n'eut que des notions intelligibles, il n'avait pas de faculté qui s'appliquât aux opinions probables. Mais lorsque, cédant aux désirs de l'imaginative, il s'abandonna aux plaisirs des sens, il fut privé de la compréhension intellectuelle intégrale et connut les opinions probables4.

Gela ne signifie pas, au surplus, que la raison n'ait point de rôle en morale : il faut distinguer, en morale, ce qui est purement conventionnel de ce qui est réprouvé par la raison5. Seulement l'éthique n'est pas une discipline rigoureusement scientifique6.

Les opérations conformes ou contraires à la Loi ne ressortissent qu'à deux parties de l'âme, la sensitive et l'ap-

1. Guide, II, ch. 7, p. 76 ; III, ch. 17, p. 124; Huit Chap., II, au début.

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