‹ MaïmonideChapitre 134 sur 195 · Guide, III, ch. 8, p · texte numérisé non relu

Guide, III, ch. 8, p

6. Cf. Aristote, Morale,!, 1, 7; II, 2; VI, 5. Pour Aristote, l'éthique n'est pas une science, elle n'a pas pour objet le Bien connue un problème de la connaissance.

pétitive. C'est d'elles que partent les violations comme les bonnes actions. Quant à la nutritive et à l'imaginativc1, (lies ne sont susceptibles ni de péché, ni de mérite, attendu que chez elles ni l'intelligence ni la liberté ne jouent aucun pôle et que l'homme n'a aucune prise sur leur activité-.

La faculté rationnelle comporte également des opérations bonnes ou mauvaises, en ce qu'elle s'attache à une opinion vraie ou fausse; pourtant elle ne produit pas d'acte qu'on puisse nommer accomplissement ou violation dune prescription3. Maïmonide blâme l'expression de miçvâth sikliôth, « préceptes rationnels ». Des commandements ne pourraient être appelés ainsi qu'autant qu'ils se rapportent à la connaissance en tant <[ue telle, par exemple la croyance à l'unité et à l'immatérialité de Dieu. Les commandements éthiques, tout en étant reconnus comme obligatoires par la raison, ne se rapportent pas à la connaissance, mais à l'action; ils ne s'adressent donc pas à la raison, maisàFappétitive dirigée par la raison. L'obéissance ou la violation a lieu par la raison, en tant qu'elle croit un dogme vrai ou faux4.

Toute corruption ou imperfection, toutes les fautes, tous les péchés sont le fait de la matière ; toutes les vertus viennent de la forme. C'est à sa forme que l'homme doit d'avoir l'idée du Créateur et du monde intelligible, de savoir modérer ses passions, de réfléchir sur le préférable. Comme il n'existe pas de matière sans forme, et que la forme humaine est liée à la matière, la forme humaine a reçu le pouvoir de dominer et diriger la ma-

1. Dans Guide, II, ch. 12, p. 103, on lit cependant: «Tout vice rationnel ou moral est l'œuvre de l'imagination ou la conséquence de son activité. » Mais, comme le montre Guide, II, ch. 4, p. 53, l'imagination ne meut l'être que sous l'impulsion de la faculté appétitive.

2. Huit Ohap., II, p. 9 et suiv. ; cf. Aristote, Morale, I, 13; De anim.f III, 10.

3. Cf. Aristote, Morale, VI, 2 ; Guide, II, ch. 4, p. 53 : « La pensée à elle seule ne suffit pas pour déterminer le mouvement, il faut qu'il s'y ajoute un désir » ; voir plus haut.

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