Cf. Déôth, I, 5 ; Aristote, Morale, II, 9 ; IV
pie ils jeûnaient, ne mangeaient pas de viande et ne buvaient pas de vin, se retiraient dans la solitude, c'était pour obéir à de louables mobiles : d'abord, pour des raisons de médication morale comme celles dont nous avons parlé ; ensuite, à cause de la corruption des grandes villes *.
Aussi bien, la Loi n'édicte ses prescriptions qu'en vue d'une moralité plus sévère. Les prohibitions alimentaires, les interdictions charnelles ont pour objet de réprimerla sensualité, de nous établir dans une disposition qui dépasse le juste milieu, plus voisine de la continence 2. De même, les règles sur la dime, sur la charité, sur la septième année et le jubilé 3 se rapprochent de la prodigalité, afin que nous ne tombions pas dans l'avarice et que se fortifie en nous la tendance à la générosité.
Cependant, si l'Écriture nous fait pencher d'un côté, c'est dans une certaine mesure seulement; elle n'entend pas pour autant nous pousser jusqu'au bout 4. Que si quelque sot veut ajouter encore à ce qu'elle ordonne ou interdit ; si, allant au delà des prohibitions alimentaires, il multiplie les jeunes outre mesure; si, renchérissant sur les défenses charnelles, il s'impose le célibat; si, dépassant les obligations charitables, il distribue tous ses biens, il verse dans l'un ou l'autre extrême et se donne l'air de faire la leçon à Dieu. Or, comme le proclame le psalmiste, « ia doctrine de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme ; le témoignage de l'Éternel est sûr, il donne la sagesse au simple » (Ps.y XIX, 8). Il convient donc de ne pas se conduire comme si Dieu était l'ennemi du corps dont il nous demanderait la ruine 5.