Cf. Comment, sur Sanhédrin, 27; Déôth, III
3. Voir Nombres, XVIII, 8 eisuiv.; Deut., XXIII, 25, 26; XXIV, 19-21 ; XXVI, 12; Lév., XXV.
4. Pourtant, dans Déôth, II, 3, Maïmonide érige en devoir d'aller presque — quoique non tout à fait — jusqu'à l'extrême opposé de l'orgueil et de la colère.
5. Cf. Deôth, III, 1; Guide, III, ch. 35, p. 373; voir Tal m ud Nazir, 19a, 22 a; Taanith, 11 a; Baba Qamma, 91 b ; Schabbath, 10 a; Juda Haléri, Kozri (éd. Cassel), p. 155.
ISO MAIMOMDK.
Donc, en général, on doit suivre le juste milieu, on n'en doit sortir que pour guérir les maladies de l'âme par le penchant contraire. Et de môme que l'homme ins- Iruit dans l'a il médical, dès qu'il s'aperçoit que son état physiquç subil La moindre modification défavorable, avise immédiatement au moyen d'enrayer le mal, de même L'homme droit examine constamment son régime moral, et, sitôl qu'il constate une déviation, il applique Le remède approprié et ne permet point que la disposition mauvaise se constitue en habitude. En pesant toujours exactement ses actes, en se tenant le plus possible dans la vraie voie, L'homme se rapproche de la divinité, rend à celle-ci L'hommage suprême et participe à la béatitude éternelle.
Nous devons exercer toutes nos facultés, avec la raison pour guide et la connaissance de Dieu pour but *. Nous avons à. disposer notre activité de telle façon qu'elle nous conduise tout entière à cette fin, si bien qu'aucun effort ne s'attache à rien d'inutile, c'est-à-dire à quoi que ce soit qui nous éloigne de cette fin. Dans le manger et le boire, clans les rapports sexuels 2, le sommeil et la veille, le mouvement et le repos, nous ne devons avoir en vue que la santé du corps, de manière que l'âme trouve ses organes en bon état, afin qu'elle puisse poursuivre librement la conquête des vertus morales et intellectuelles 3.
En conformité avec cette règle, nous ne rechercherons pas uniquement l'agréable, mais ce qui concourt à notre perfectionnement, sans nous préoccuper davantage des satisfactions sensibles. On permettra la recherche de l'agréable pour des raisons de cure morale. Par exemple, on laissera une personne atteinte de mélancolie se rasséréner l'âme à des auditions musicales ou à des spectacles artistiques. Par ce moyen on dissipera la tristesse et on rendra plus facile l'effort vers le haut savoir 4.
1. Huit Chapitres, V; cf. FHl. Teschouba, VII, 3 ; Ba'hya, Devoirs du cœur, VIII ; Aristote, Morale, X, 7, 7.