Guide, II, ch. 40, p. 312; ch. 36, p
3. Cf. Déôlh, III et IV; Spinoza, Éthique, IV, prop. 28 ;V, prop. 14 et 30.
4. Cf. Déôth, III, 2; Guide, III, 2; Guide, III, ch. 8, p. 46 el suiv.
De ce point de vue, la médecine prend une éminente valeur morale et religieuse, puisqu'elle nous enseigne à mesurer nos actions. Ainsi elle les rend humaines dans le sens véritable du mot, puisqu'elle les transforme en vertus. Considérez l'exemple d'un individu qui, alléché par l'arôme d'une substance, l'ingère inconsidérément, au risque de tomber malade, voire même de mourir. En vérité, cet individu obéit à la partie animale de son être, et non pas à ce qui fait de lui proprement un homme. Il n'agit en homme qu'autant qu'il suit son jugement, qu'il devient capable de résister à ce qui l'attire, de prendre ce qui d'abord peut lui répugner.
Ici une remarque s'impose. C'est que la santé n'est pas à elle-même son but. Celui qui songerait uniquement à maintenir son organisme en bon état pour se préserver des maladies ne serait pas un homme vertueux. Pour mériter ce nom, il faut que la préoccupation de la santé soit dictée par le désir de se procurer sans entraves l'acquisition des qualités morales et intellectuelles '. C'est sous le même i ngle qu'il convient de considérer la poursuite de toutes les sortes de sciences 2. On n'aperçoit pas, à première vue, le rapport de certaines d'entre elles avec la connaissance de Dieu, objet suprême de notre activité : telles l'algèbre, la géométrie, la mécanique, etc. Cependant, ces disciplines contribuent à aiguiser l'intelligence et à exercer la faculté rationnelle, elles habituent à la rigueur et à la vigueur démonstratives et ainsi nous préparent fructueusement à la connnaissance des vérités dernières.
Il n'y a qu'une rare élite pour atteindre à la perfection dont nous parlions plus haut, et encore après un labeur longuement soutenu. Cette perfection, rappelons-le, consiste à diriger toutes ses énergies vers Dieu seul, à ne rien faire ou dire de grand ou de petit qui ne mène directe-