‹ MaïmonideChapitre 140 sur 195 · Cf. Algazali, Balance, p · texte numérisé non relu

Cf. Algazali, Balance, p

Ceux qui sont entrés dans les vestibules sont ceux qui s'engagent dans la spéculation sur le fondement des croyances.

Enfin, ceux qui ont saisi les démonstrations métaphysiques, qui se sont approchés le plus possible de la certitude, sont ceux qui sont parvenus jusqu'auprès du roi.

Tant qu'on n'est occupé que de mathématique et de logique, on appartient au groupe qui tourne autour de la demeure royale et en cherche l'accès. Avec la possession de la physique on est dans le vestibule, avec la métaphysique on arrive en présence du maître.

A cette condition on devient un sage. Mais, même parmi les sages, il reste des étapes à franchir. Le dernier degré est celui des prophètes qui n'ont de pensée que pour Dieu seul1.

L'homme supérieur, est-ce celui qui est naturellement bon, qui fait le bien comme il respire, ou celui qui a le mérite de l'effort ?

D'après les philosophes", l'abstinent, tout en pratiquant des vertus, ne fait le bien qu'en portant simultanément au fond de son cœur le désir du mal : il lutte contre sa passion et n'accomplit l'action bonne qu'avec difficulté et peine. L'homme vertueux, au contraire, en faisant le bien, obéit à son penchant, il éprouve de la joie â suivre son élan naturel. Les philosophes s'accordent à mettre l'homme vertueux au-dessus de l'abstinent. Toutefois, ajoutent-ils, l'abstinent peut, en beaucoup de cas, produire autant que le vertueux, quoiqu'il lui soit nécessairement inférieur, parce qu'il sent s'agiter en lui-même de bas appétits ; que s'il y résiste, il n'en reste pas moins que son désir estime disposition mauvaise de l'âme. On trouve dans les Proverbes une vue analogue : « L'âme du méchant aspire au mal » (XXI, 10); « Pratiquer la justice est

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