Voir Lév., XVIII
7. Cf. Saadia, qui dans Emounôth ve-Déôth, III, 2, distingue les « miçvôth sikhliôth » ou « préceptes rationnels », « de sens commun », des « miçvôth schemiôth » ou « préceptes révélés ». Dans Guide, III, ch. 26, p. 205 et Hil. Mellah, VIII, 8, Maïmonide partage les commandements en « mischpatim », lois dont l'utilité est évidente, et « 'houqqim ». dispositions im-
ces actions est évidemment le fait d'un instinct inférieur. Quand les docteurs juifs disent de certains actes qu'on a plus de mérite à s'en abstenir, ils entendent les prohibitions «révélées ». N'était la Loi divine, ces interdictions ne frapperaient rien de mal en soi : telles les prescriptions alimentaires, les tissus hétérogènes par exemple, que ne réprouvent ni la raison ni la conscience.
Nous avons distingué plus haut entre les vertus intellectuelles et les vertus morales. De même, il existe des défauts intellectuels, telles l'ignorance, l'hébétude et l'inertie du jugement, et des vices moraux, tels la sensualité, l'orgueil, la colère, l'imprudence, l'avarice, etc. Ces vices sont comme des écrans qui séparent l'homme de la divinité1. C'est en ce sens qu'Isaïe dit : « Vos méfaits ont mis une barrière entre vous et votre Dieu » (LIX, 2). Nul ne reçoit le don prophétique s'il ne possède toutes les vertus intellectuelles et la plupart des qualités morales, comme l'indique la parole talmudique : « La prophétie ne repose que sur un homme sage, courageux et riche2 ». Le mot « sage » comprend les vertus intellectuelles, le terme « riche » désigne une qualité morale, à savoir la modération, car, est-il dit, « celui-là est riche qui se contente de sa part » ; le mot « courageux » marque également une valeur morale, car « celui-] à est intrépide qui maîtrise son désir3 ».
Pourtant, la prophétie n'exige pas comme condition nécessaire la possession de toutes les qualités morales. Ainsi, Salomon était sensuel, David était cruel, Élie coléreux, Jacob avait peur d'Ésaû. Et cependant tous ces personnages avaient reçu le don prophétique. 11 reste néanmoins que ces défauts compromettent la connaissance suprême.
posées par Dieu et dont la raison nous échappe a priori; voir plus loin, p. 191.