‹ MaïmonideChapitre 143 sur 195 · Abôlh, IV · texte numérisé non relu

Abôlh, IV

18(> WAIMONIDE.

L inspiration abandonne celui qui est en colère, en proie au souci ou à la tristesse1.

Un individu ne possède pas originellement une vertu ou un vice tout faits2. Mais il peut, avoir une disposition qui lui facilite L'acquisition de l'une ou de l'autre. Il faut repousser comme absurde la doctrine des astrologues qui fait coïncider la valeur morale avec la date de la naissance. L'homme est un être libre, sauf une prédisposition qui lui rend (elle action plus aisée ou plus difficile3. Mais il esi absolument faux qu'il y soit contraint. Si L'homme était soumis à la fatalité, les lois n'auraient ni sens, ni utilité, non plus que l'instruction, ni l'éducation, ni les sanctions, ni les mesures de prévoyance. Une fois posé que l'homme est libre, il est nécessaire de lui enseigner les voies du bien, de lui notifier des préceptes et des défenses, de lui infliger des peines ou décerner des récompenses. Il faut installer en lui de bonnes habitudes, afin qu'il devienne vertueux et qu'il soit capable d'éviter ou de bannir les défauts. Et qu'on ne dise point : « Je ne puis plus modifier ma manière d'être! » Un changement demeure toujours possible, en vertu de notre liberté fondamentale.

La forme humaine se trouve nécessairement liée à la matière terrestre, trouble et ténébreuse, qui met en nous 1 imperfection et la corruption. Mais cette forme, nous l'avons vu, est très noble et elle est douée du pouvoir de gouverner la matière4. Être nanti d'une matière bonne qui ne compromet pas l'équilibre intérieur est un don divin. Cependant, même quand la matière est rebelle, il n'est pas impossible d'en venir à bout à force d'exercice5.

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