Guide, III, ch
A coté de la crainte révérencielle, il y a l'amour. A la crainte on arrive par les pratiques, à l'amour par les idées que renferme la Loi sur la doctrine véritable de l'existence de Dieu1. Il convient de distinguer entre CedaqaheVHécèd2. Le premier terme désigne d'abord l'« équité » qui consiste à satisfaire au droit d'autrui et à traiter chacun suivant son mérite. Cependant, dans les livres prophétiques, le sens du mot est plus large : il désigne les devoirs qui nous incombent non pas seulement du point de vue légal, mais du point de vue d'une morale plénière, comme, par exemple, de soulager celui qui souffre d'un mal quelconque. Par l'exercice de ces vertus, on satisfait à la partie supérieure de son être, on remplit un devoir envers son âme rationnelle, on se perfectionne.
Quant au mot lHécèd, il signifie « une grande libéralité », la générosité, soit qu'on fasse le bien à quelqu'un à qui on ne doit absolument rien, soit qu'on donne plus qu'il ne fallait strictement.
Il ne suffit pas que l'action, dans sa matérialité, soit bonne, il faut également la moralité de l'intention, de la disposition intime. On doit faire le bien pour l'amour du bien. Que si, pourtant, les docteurs d'Israël ont parlé de peine et de récompense, et donc ont essayé d'agir par la crainte et par l'espoir, c'est qu'ils se trouvaient devant des consciences pas encore suffisamment développées pour s'animer en faveur de l'idée pure de la beauté morale.
Le juste, lui, s'occupe de la loi par amour, il chemine dans la voie de la sagesse, non par un mobile terrestre, non pour s'assurer la béatitude, mais il recherche et pratique le vrai et le bien pour eux-mêmes à , il unit la plus haute connaissance et le plus intense amour 4. La con-