‹ MaïmonideChapitre 147 sur 195 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Déjà les anciens docteurs avaient cherché une motivation rationnelle des lois scripturaires; quelques-unes seulement leur paraissaient impénétrables1. Philon a pensé de même. LeDespecialibus Legibus est le premier essai pour entendre philosophiquement une religion historique et pour expliquer les préceptes par des raisons sociales, éthiques et hygiéniques. Avant Maïmonide, Abraham ibn Daoud a fortement insisté sur la rationalité des lois scripturaires2.

De même, observe Maïmonide, que les théologiens diffèrent sur la question de savoir si les opérations de Dieu dépendent de sa sagesse ou de sa volonté, sans avoir, par ailleurs, aucun but. de même ils se séparent sur la façon de considérer les lois qu'il nous a prescrites. Pour les uns, ces lois n'ont aucune raison, elles sont l'effet de l'arbitraire divin; pour les autres les préceptes sont fondés rationnellement. « Cependant, déclare Maïmonide, nous autres Israélites, tous tant que nous sommes, hommes du vulgaire ou savants, nous croyons que ces dispositions sont toutes motivées, sauf que, en partie, nous en ignorons les raisons, ne sachant pas en quoi elles sont conformes à la sagesse divine. Des passages de l'Écriture le disent clairement : « Des statuts et des ordonnances justes » (Deut.,

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