Voir Plotin, Ennéades, V et VI
2. Que Philon l'ait reçue des Juifs ou des Stoïciens, peu importe.
3. Noir P. Rabinowitz, Séfer dibrê yemé Israël, 3e partie, Varsovie
aux ixc et xc siècles utilisaient les écrits de Philon [ . Mais si les Caraïtes connaissaient Philon, forcément les Rabbanites, très au courant de la littérature caraïte, connaissaient le philosophe alexandrin, et, de fait, Saadia le cite dans son Kitdb al-Tamyis , ouvrage contre les Garaïtes.
Enfin, la littérature chrétienne n'était pas étrangère àMaïmonide. « Il faut savoir, écrit-il2, que tout ce que les Musulmans, tant Motazélites qu'Àscharites3, ont professé sur ces sujets, est emprunté aux écrits des Grecs et des Syriens qui s'appliquaient à la critique des philosophes. »
L'auteur fait allusion aux écrivains ecclésiastiques, grecs et syriens, qui, à partir du vie siècle, durent défendre les dogmes chrétiens contre le péripatétisme et contre les hérésies issues de cette philosophie. Les défenseurs de la religion se servirent des armes de la dialectique que l'étude d'Aristote leur fournissait. Des savants chrétiens, nestoriens et jacobites, vivaient en grand nombre parmi les musulmans, qui leur devaient la connaissance de la philosophie et des sciences grecques4.
« Lorsque, continue Maïmonide, l'Église chrétienne, dont on connaît la profession de foi, reçut dans son sein ces nations, parmi lesquelles les opinions des philosophes étaient répandues et qu'il s'éleva des rois qui protégèrent la religion, les savants grecs et syriens de ce temps s'aperçurent qu'on se trouvait en présence d'assertions avec lesquelles les opinions philosophiques étaient en manifeste contradiction. Alors naquit chez eux la science du Kalâm; ils s'occupèrent d'établir des propositions dans le sens de leur doctrine et de réfuter les opinions contraires à leur religion.
1. Tel le caraïle Benjamin al-Nahawendi, d'après le Kitâb al-Aiiwàr, composé en 937, par le caraïte al-Kirkisàni; voir S. Poznanski, dans Revue des éludes juives, janvier 1905.