‹ MaïmonideChapitre 158 sur 195 · Guide, III, Ch. 33, p. 262; ch. 30, p · texte numérisé non relu

Guide, III, Ch. 33, p. 262; ch. 30, p

G. Comment, sur Abôlh, I, 6; cf. Aristote, Morale, VIII, 2, 3, 4.

plaisir, que nous nous accoutumions à la pitié et à la douceur envers tous l'es êtres1. Que si la nécessité nous contraint à l'alimentation carnée, nous devons infliger à l'animai le minimum de souffrance2. Il est détendu d'égorger le même jour la mère et son petit, afin que nous ne fassions pas mourir le petit sous les yeux de la mère qui en éprouverait une douleur trop vive 3.

La politique, au sens large, est la discipline fondamentale. Elle comprend l'éthique qui détermine la moralité de l'individu, et la politique, au sens étroit, qui s'occupe de la moralité de l'État.

L'État a pour objet d'améliorer les rapports des hommes entre eux. On obtient ce résultat, d'un côté, en supprimant la violence, de sorte que l'individu, contraint de renoncer à son bon plaisir, contribue au bien public ; d'un autre côté, en faisant contracter à chacun des mœurs utiles à la vie sociale 4, en faisant comprendre à l'individu qu'il n'est pas le centre de l'univers5.

La nature même de l'homme fait de lui un être essentiellement social. Il y a entre les individus des différences si variées qu'on ne rencontre guère deux hommes qui sur un point moral quelconque s'accordent absolument, pas plus qu'on ne trouverait deux visages parfaitement semblables. Cette variété même entraîne pour l'homme la nécessité de vivre en société, de manière que les individus se complètent réciproquement, chacun ayant besoin des autres. D'autre part, pour aplanir les divergences résultant des variations infinies, il faut un guide qui règle l'activité des individus. Ce guide corrigera ce qui est défectueux, comblera les lacunes, contiendra les excès; il prescrira des actes et des mœurs que

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