‹ MaïmonideChapitre 159 sur 195 · Ib., ch. 26, p · texte numérisé non relu

Ib., ch. 26, p

3. Cévit., XXII, 28; cf. Dept., XXII, 0, 7; XXV, 4; Guide, III, ch. 48, p. 399; ch.42, p. 338.

4. Guide, III, ch. 27. Cf. Aristote, Polit., VII, 13; Morale, VI, 8.

5. « L'ignorant s'imagine que l'univers entier n'existe que pour sa personne, comme s'il était seul au monde », Guide, III, ch. 12, p. 68.

tous devront continuellement pratiquer, afin de faire concourir les variétés à une organisation harmonique, de telle sorte que l'ordre règne dans la société.

Certains hommes sont doués d'une « faculté de gouvernement ». Ceux qui reçoivent ce pouvoir par voie d'inspiration sont les prophètes et les législateurs ; ceux qui ont la faculté de contraindre les hommes à pratiquer les prescriptions des prophètes et des législateurs sont les souverains et les prétendus prophètes qui adoptent la loi des vrais prophètes1.

Le chef d'État prendra pour modèle les attributs divins : la clémence, la longanimité, l'indulgence, l'équité. Il doit suivre la raison et la conscience, ne point céder aux entraînements de la passion, faire droit au mérite, châtier la faute, en se préoccupant uniquement du devoir et du bien public. Il sera clément, non par simple attendrissement et commisération, mais selon ce qui est dû; il sera vengeur, non par colère ni haine, mais pour la sauvegarde du droit et en vue de l'utilité générale2. Pourtant, il ne sévira que dans la mesure où le bon ordre l'exige, il multipliera les occasions de bienveillance et de pardon, il sera le berger plein de sollicitude et de tendresse 3.

Enfin, la morale doit régler les rapports des peuples entre eux. De même qu'on punit l'individu, on doit châtier une tribu ou une nation entière, afin d'empêcher le mal4.

Tout l'effort de la doctrine divine tend à l'édification de la cité morale, royaume des cieux, royaume messianique, où l'intelligence, la sagesse, le bien seront devenus le partage de l'humanité entière.

Il faut tenir pour certain que le Messie viendra5. Nous

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