Cf. Qiddouschin, 71 «et Edouyoth,'m fine
2. Cf. Guide, III, ch. 11, p. 65-67 : Si les hommes possédaient la science, ils seraient empêchés de se faire aucun mal à eux-mêmes et aux autres, car la connaissance de la vérité fait cesser la haine et la violence, comme l'a publié le prophète : « Le loup demeurera avec l'agneau, etc. » (/.s., XI, 6-9); cf. Guide, II, ch. 36, p. 288-289 : L'abattement et la tristesse compromettent la faculté prophétique, voilà pourquoi la prophétie a cessé au temps de la captivité ; c'est pour cette même raison qu'elle nous reviendra à l'avènement du Messie.
promet, ni pour nous livrer aux jouissances sensibles, mais parce que la vertu, la justice et la sagesse régneront, que nous pourrons tous nous livrer sans réserve à la pratique intégrale de la Loi (cf. Jèr:9 XXXI, 31-3k ; Ezéchiel, XXXVI, 26, 27) et ainsi gagner la béatitude éternelle.
Mais une condition est nécessaire, condition sine qaa non, pour amener l'époque du salut, c'est la pénitence1.
Une fois établi, le royaume messianique durera perpétuellement, suivant la prédiction d'Isaie, LX, 20 : « Ton soleil n'aura plus de coucher, ta lune jamais d'éclipsé ». Il n'y aura plus de deuil ni d'affliction, ce sera la joie universelle et continue, parce que sera enracinée au cœur de toute l'humanité la foi en Dieu et que la foi profonde, devenue la substance même de l'âme, avec l'allégresse qui est la compagne naturelle de la totale confiance, sont choses inaltérables2.
En dernière analyse le règne messianique n'a rien de merveilleux ni de surnaturel, il est la conséquence logique de la plus haute connaissance et de la plus profonde vertu devenues l'une et l'autre propriété et partage de l'humanité entière. Il présuppose comme conditions nécessaires la pénitence et la diffusion universelle de la doctrine de vérité. L'ère messianique, c'est donc la moralité passée à l'état organique, c'est la cité bénie où l'on sera heureux parce qu'on sera libre, éclairé, juste et bon — la joie pure, constante et pleine ne faisant qu'un avec l'épanouissement même du vrai et du bien. D'un mot, la félicité du genre humain sera le fruit longuement, patiemment, douloureusement mûri de l'activité intellectuelle et morale portée par l'ensemble de la collectivité humaine à son plus complet développement.