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CHAPITRE XII

Tout ce qui advient à l'homme est l'effet de ce qu'il a mérité. Dieu est la justice même, il récompense l'homme vertueux pour tous ses actes de droiture quand même ils n'auraient pas été commandés par un prophète, et il punit toute mauvaise action n'eût-elle pas été expressément interdite par le législateur, dès l'instant que cette action est réprouvée par le sens moral naturel1.

Parfois Dieu punit l'homme, en ne lui laissant pas la faculté de se repentir2. Dieu connaît les pécheurs, sa sagesse ^t sa justice fixent la mesure de la peine. C'est ainsi que tantôt il frappe seulement dans ce monde, tantôt seulement dans le monde futur, tantôt dans les deux. Ensuite, le châtiment ici-bas est de différentes sortes : il atteint le corps, ou la fortune, ou les deux. De même que Dieu punit certains hommes en leur enlevant la liberté des mouvements, tel Jéroboam dont la main fut paralysée (I Rois, XIII, 4), tels les Sodomites qui furent frappés d'éblouissement (Gen., XIX, 11); de même, ilsuspend chez quelques-uns la faculté du repentir, si bien qu'ils n'éprouvent même pas le désir de la pénitence et se perdent dans le péché.

Nous n'avons pas besoin de comprendre la sagesse divine au point de savoir pourquoi Dieu a justement appliqué cette espèce de peine et non pas telle autre, pas plus

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