‹ MaïmonideChapitre 165 sur 195 · Huit Chap., ch. 8, p. 70 et suiv · texte numérisé non relu

Huit Chap., ch. 8, p. 70 et suiv

que nous ne savons la cause pourquoi tel genre d'objets a telle forme et non telle autre. Il nous suffit d'être convaincus que toutes les voies du Seigneur sont droites, qu'il punit le pécheur suivant ses péchés et qu'il récompense le juste à proportion de ses bonnes actions.

C'est dans ce sens que s'exprime Isaïe, VI, 10 : « Que le cœur de ce peuple soit épaissi, que ses oreilles soient assourdies, ses yeux hébétés, de peur que ses yeux ne voient clair, que ses oreilles n'entendent, que son cœur ne comprenne, qu'il ne s'amende alors et ne soit sauvé! » Notez encore la remarquable expression du prophète Élie dans IRois, XVIII, 37 : « Tu as retourné leur cœur », c'està-dire après que délibérément ils ont péché, tu les as punis en les empêchant de se repentir, en sorte qu'ils sont restés dans la désobéissance.

Un phénomène de ce genre se constate dans le désir. Le désir se punit par lui-même, car il ne se contente pas du nécessaire, il veut le superflu. Mais à mesure que nous désirons davantage le superflu, nous dépensons nos forces et nos biens pour ce qui n'est pas nécessaire et nous ne trouvons même plus l'indispensable1.

La philosophie de Maïmonide comporte une doctrine plus profonde de la sanction, fondée sur la nature de la matière et sur nos rapports avec l'intellect agent.

Dieu est pleine positivité et pur bien, il ne produit que l'être, c'est-à-dire le bien 2. Gomme nous l'avons dit, toute corruption et imperfection a pour cause la matière3. Toutes les fautes, tous les péchés sont les effets de la matière, tandis que les vertus viennent de la forme. Quand l'homme entrevoit le Créateur, conçoit les réalités intelligibles, sait modérer sa passion, réfléchit sur ce qu'il doit et ce qu'il ne doit point, cela résulte de sa forme.

Or il a été donné à la forme d'exercer un pouvoir sur la

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