Guide, III, ch. 8, p. 45; I, ch. 17, p
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matière, de la subjuguer, de la rendre aussi parfaite que possible. 11 faut, pour y arriver, que l'homme s'unisse à l'intellect agent qui s'épanche sur lui et dont sa forme tire l'existence. 11 dépend de nous de fortifier ou d'affaiblir le lien qui nous rattache à Dieu, car il dépend de nous de solliciter l'épanchement de l'intellect1. C'est dire que l'action porte en elle-même et immédiatement sa sanction, s'il est vrai que la récompense se mesure au degré de rapprochement de Dieu qui est l'être et le bien, et la peine au degré d'abaissement vers la matière qui est privation, non-ètre, c'est-à-dire mal.
Le lien avec la divinité ne s'affermit qu'autant qu'on aime Dieu, il se relâche aussitôt que la pensée est occupée ailleurs. Quand même vous seriez le plus fort métaphysicien, si vous vous livrez tout entier aux affaires temporelles, vous coupez le lien qui vous unissait à Dieu, vous n'êtes plus avec lui et il n'est plus avec vous. Les patriarches et Moïse étaient unis avec Dieu, ils le percevaient et ils l'aimaient. Aussi, et par là même, la Providence veillait avec soin sur eux2.
Par le fait même qu'on fait le bien, lequel consiste essentiellement à s'occuper de Dieu, on se place sous la garde de la Providence : le bien appelle le bonheur, et la quantité de bonheur se mesure à la quantité de perfection, tout cela se tient immédiatement. S'unir à Dieu est le plus haut devoir et en même temps la suprême récompense, s'éloigner de Dieu voilà le péché et en même temps le pire châtiment, car c'est le non-être3.
Si l'Écriture promet une récompense extérieure pour les bonnes actions, il ne faut pas voir dans cette rémunération la fin véritable de l'activité. Ce ne sont, d'un côté, que des moyens pour exciter et accoutumer au bien ceux qui sont encore incapables de vertu désintéressée ; d'un autre côté, la santé, la paix, le bien-être, sont des condi-
1. Guide, III, ch. 51, p. 439 et suiv. ; I, ch. 34, p. 125 et suiv.