‹ MaïmonideChapitre 169 sur 195 · Guide, III, ch. 22, p · texte numérisé non relu

Guide, III, ch. 22, p

6. Guide, II, ch. 27, p. 205; I," Ch. 70, p. 328; Hil. Teschouba, VIII, § i-B; leçodé ha-Torah, IV, 9.

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Les âmes, après s'être séparées des corps, forment une ; unité numérique, comme Ta montré llmBadja1. Les intelligences pures n'admettent en aucune façon la multiplicité, si ce n'est que lune est, la cause de l'existence de l'autre. Kilos n<> se distinguent qu'en ce que telle est cause et telle autre effet2. Or, ce <]ui survit de Zéid n'est ni la cause ni L'effet de ce qui survit de Amr. L'âme de Zéid et celle de Amr sont nécessairement unes par la forme. Ce qui est un par la forme ne reçoit la multiplicité que par la matière. Si Lésâmes terrestres sont distinctes, c'est parce qu'elles sont localisées dans des corps et différenciées par ces corps mêmes; mais, une fois dégagées delà matière, il ne reste plus rien pour les différencier. Dès lors, les âmes, après la mort, forment une totalisation indivise3.

Avons-nous quelque idée de cette existence ultra-terrestre?

Gomme l'aveugle ne peut se former une conception des couleurs ni le sourd des sous, de même le corps est incapable de réaliser les joies de l'âme4. Et encore comme les poissons ne peuvent avoir une idée du feu, attendu qu'ils vivent dans l'élément contraire qui est l'eau, ainsi les habitants du monde matériel ignorent la béatitude du monde spirituel. Les plaisirs de cette vie nous arrivent par l'intermédiaire des sens; primitivement, il n'existe pas d'autres jouissances pour nous, nous ne saisissons les joies supérieures qu'après un grand et diligent effort. Il est dans la nature des choses que, vivant dans un monde matériel, nos joies soient limitées dans le temps et inférieures en degré, et que de ce genre de plaisirs seul nous

1. Voir sa Lettre cl adieux. Averroès professe la même doctrine; Albert le Grand s'élève contre elle; cf. Guide, I, p. 434, note 4.

2. Cf. Guide, II, Introd., p. 15 et 16; I, ch. 72, p. 373; Ieçodé ha-Torah, II, g 5. Pour Gersonide, les intelligences se distinguent encore par la richesse de leurs connaissances; de là, des degrés dans la vie future suivant la teneur spirituelle des âmes ; Milhamôth, ch. I, vers la fin.

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