Voir Graetz, ib., pp. 214 et suiv
2. Voir D. Kaufinann, Geschichte der Attributenlehre, p. 498, note, Gotha 1877.
(xvie s.) et d'autres rabbins, déclarant accepter renseignement de Maïmonide sauf pour les anges et les sacrifices.
L'agitation s'est poursuivie jusqu'à nos jours. C'est ainsi qu'au xixe siècle, un des savants juifs les plus éminents, S. D. Luzzatto, a sévèrement critiqué la doctrine philosophique du docteur de Cordoue1, tandis que R. Hirsch Hayouth s'appliquait à réfuter les attaques dirigées contre lui et à montrer que ses doctrines se concilient avec le Talmud2.
De ces polémiques, un fait ressort éclatant, c'est le mouvement d'idées déterminé par Maïmonide. Toute la pensée juive, la Gabbale elle-même a reçu son action.
Dix années ne s'étaient pas écoulées depuis l'apparition du Guide (1190), qu'en France, à Lunel, Samuel ibn Tibbon entreprenait de traduire en hébreu le chef-d'œuvre du maître. Peu après, parut dans la même langue une version du poète espagnol Juda al-'Harizi. Quant aux commentaires que cet ouvrage suscita, ils forment toute une littérature3.
Ce qui nous semble particulièrement intéressant, c'est de marquer l'attitude envers Maïmonide des deux penseurs les plus originaux que le judaïsme produisit avant les temps modernes : Gersonide etHasdaï Crescas.
Au commencement du xive siècle, deux grands noms exercent une sorte de dictature intellectuelle, Àverroès et Maïmonide. Tout en partageant l'admiration générale, Gersonide4 ne laisse point de les combattre. Nous ne nous
1. Cf. IggherôthSchedal, lettres à Rapoport, nos 79,83, 2G6, Przemvsll882.