‹ MaïmonideChapitre 177 sur 195 · Cf. Spinoza, Éthique, V, prop · texte numérisé non relu

Cf. Spinoza, Éthique, V, prop

3. Il naquit à Barcelone en 1340. Il fut élève de Nissim ben Pwuben (Ran) et condisciple d'Isaacb. Schéschet (Risbasch). En 1378, il fut emprisonné sur une fausse accusation. En 1391, il assista à d'atroces persécutions et y perdit son fils unique. Il mourut en 1410. Trois de ses écrits nous sont parvenus: 1. une lettre à la communauté d'Avignon où il raconte les événements de 1391; 2. un exposé avec réfutation du christianisme, écrit en espagnol en 1398; l'original a disparu, mais on a la traduction hébraïque de Joseph ibn Schem-Tob sous le titre de Bittoul Iqré ha-Nôtzerîm y «Ruine des principes chrétiens »; 3. un ouvrage philosophique, Or Adonai, « La lumière du Seigneur ». 11 se proposait de compléter ce livre, qui traite des croyances, par un autre, Ner Elohim, « La larnpe divine », qui devait s'occuper des devoirs et des pratiques. — Sur Hasdaï Crescas, voir M. Joël, Don Chasdai

INFLUENCE DE MAIMONIDE. 2il

Comme le théologien arabe Algazali, auteur du Tehâfout alfdlîcifa (Réfutation despéripatéticiens),il est l'adversaire de la philosophie pure et, comme avant lui Juda Halévi, il s'applique à montrer que la vérité ne vient pas d'elle. Dialecticien aussi vigoureux que pénétrant, il soumet le péripatétisme à une critique serrée; il ne ménage ses coups ni à Aristote1, ni à Maïmonide, ni à Gersonide.

La croyance en Dieu est la racine et le principe de toutes les croyances et de tous les devoirs. Il ne convient point de mettre les croyances sur le même plan ; il faut distinguer entre : 1. l'existence de Dieu; 2. les principes fondamentaux sans lesquels la doctrine ne serait point; 3. les propositions qui sont obligatoires pour les Juifs, mais non constitutives de la doctrine; 4. enfin, les conceptions laissées à la réflexion personnelle.

Au sujet de la Création2, Crescas déclare : que le monde soit éternel ou né dans le temps, toujours nous sommes acculés à cette opinion qu'il n'y a ni forme, ni matière, ni corporalité dont l'existence ne remonte au seul être nécessaire. Et peu importe que nous désignions cette production divine comme un acte nécessaire ou comme un acte libre. Toujours il nous faut concéder que le corporel est sorti d'une forme, si bien que la forme produit quelque chose qui ne lui est pas co-essentiel. Quand nous parlons d'une création e nihilo, nous n'entendons pas qu'il existait un Rien, lequel serait devenu le support de la création, mais que tout l'être, aussi bien la matière que la forme, dérive de l'Être nécessaire. Quant à savoir si la création a eu lieu de toute éternité ou à une époque déterminée, cela ne touche pas au fait même de la création. La création de toute éternité indique une manifestation

Creskas'relUjionspliilosophische Lehren, Breslau 18C6; Graetz, Geschichte, VIII, ch. 2; Bloch, Die Willensfreiheit von Chasdai Creshas, Munich 1879.

1. Cf. Simon Luzzatto, Discorso circa il stalo degli llcbrei (Venise 1638), dans la traduction latine de Wolf, Bibl. ffebr.,l\ : « Eum (.w. Gersonidem) secutus est R. Chasdai, aculissimi vir ingenii, qui primus philosophiam Aristotelicam oppugnare, leste illustri Francisco Pico Mirandulano in libro quem « examen vanitatis gentium » inscripsit, adgressus est ».

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