Traité III, sect. 2, ch. 3 et
principe spirituel d'une puissance infinie que les aristotéliciens prétendent déduire de l'éternité du mouvement circulaire du ciel. Ils argumentent ainsi : lemouvementdes corps célestes est éternel, or rien de corporel ne saurait posséder une force éternelle, donc la cause du mouvement circulaire est un principe spirituel d'une puissance infinie. — Mais, objecte llasdaï, de là résulte seulement que la force de ce principe est inlinie temporellement, et non que le principe lui-même soit une force infinie. Ce qui nous révèle comme vraiment infinie la puissance divine, c'est la doctrine de la création, où cette puissance apparaît comme étant sans nul rapport avec aucune autre chose 1 .
Au sujet delà prophétie, Crescas s'accorde avec Maïmonide pour y voir un développement des aptitudes naturelles de l'homme. Mais il rejette le veto divin. L'auteur du Guide a posé cette condition pour résoudre la difficulté suivante : si c'est la connaissance qui est l'élément décisif en la matière, comment expliquer que les philosophes et les penseurs des autres peuples n'aient pas reçu le don prophétique ? Pour Hasdaï, la voie qui conduit à la prophétie, comme, en général, la fin dernière, ce n'est pas la connaissance, mais le service et l'amour de Dieu2.
Passons au problème de la liberté. C'est une erreur de penser que les causes puissent être ou n'être pas. Toute cause est nécessairement ou bien n'est pas, attendu qu'elle est déterminée par un antécédent, lequel est déterminé par un autre et ainsi régressivement jusqu'à la cause dernière inconditionnée qui est Dieu. Du point de vue de Dieu, tout est nécessaire. En ce qui concerne la volonté humaine, elle peut pencher pour l'une ou l'autre possibilité. Toutefois, l'homme ne se décide point sans une cause qui le porte dans tel ou tel sens. Donc la volonté humaine est infléchie par des causes antérieures et il n'y a point de possibilité pure. Aussi bien, l'omniscience que Dieu pos-