‹ MaïmonideChapitre 181 sur 195 · Traité II, sect. 4, ch · texte numérisé non relu

Traité II, sect. 4, ch

sède des choses particulières nous conduit à la négation de la liberté. Dieu sait tout par lui-même, et non par une connaissance qui lui viendrait des événements1.

Pourtant, l'homme est libre. La décision humaine est libre en ce que nous n'avons pas conscience d'une contrainte, et, en même temps, elle est nécessaire parce qu'elle dépend d'une cause. Nous sommes donc libres, mais non d'une liberté arbitraire. Ainsi disparaît l'objection que, du moment que tout est imposé, l'effort n'a pas de raison d'être. C'est que le succès ne résulte pas nécessairement de soi, mais seulement par rapport à sa cause, et la cause, dans ce cas, c'est précisément l'effort. A quoi bon, dira-t-on, les commandements et les défenses, si tout est nécessaire ! — De même que l'application des facultés est un moyen pour atteindre la science ou les biens terrestres, de même les préceptes sont un moyen pour obtenir la béatitude. Les conséquences sont nécessaires non en soi, mais par rapport à la cause qui, en l'espèce, est l'observation des lois. Mais comment justifier récompenses et punitions dès là que la liberté n'est pas intégrale? — Si les sanctions suivent l'observation ou la violation des prescriptions comme l'effet suit la cause, cela n'est pas plus injuste que si quelqu'un s'approchant du feu se brûle, le contact fût-il involontaire2.

Que si toute la différence entre volontaire et non volontaire aboutit à cette nuance que dans un cas nous nous sentons libres mais ne le sommes pas, que dans l'autre cas nous avons bien le sentiment de la contrainte, on ne voit pas pourquoi l'acte mauvais involontaire ne serait pas affligé d'un châtiment d'en haut tout comme l'acte soi-disant volontaire. De plus, comment admettrait-on, ainsi qu'on le fait généralement, que des peines célestes pussent frapper des opinions, lesquelles pourtant sont involontaires : malgré nous, nous nous sentons forcés d'accepter ou de rejeter

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