‹ MaïmonideChapitre 182 sur 195 · Traité II, sect. 5, ch · texte numérisé non relu

Traité II, sect. 5, ch

2. Traité II, sect. 5,ch. 3. Cf. Spinoza, Coglt. melaph. ,\)ârt. II, ch. 7, §:>; ch.9, § 4; Epist. XXV.

une idée, de telle sorte que là il n'y a même pas apparence de volonté1!

La fin suprême de l'activité humaine consiste pour Maïmonide dans la connaissance rationnelle. Ainsi, remarque Grescas, d'après notre docteur Fàme est périssable; ce n'est que grâce à l'exercice de la pensée que l'homme assiste à l'éclosion au sein de son esprit d'une substance immortelle. Mais comment une faculté advenue au cours d'une vie humaine durerait-elle éternellement? Et puis, dans cette opinion, est puni et récompensé non pas ce qui a vécu vertueusement ou vicieusement, car cette partie meurt; mais ce qui est nouvellement venu et à quoi il ne saurait être imputé ni mérite ni démérite2! Enfin, si la récompense de l'esprit consiste dans la délectation des objets qu'il connaît, il manque, chez Maïmonide, le sujet qui se réjouit. En effet, on isole l'esprit, lequel n'est que connaissance, du reste de l'âme, siège de la joie.

Si la fin dernière de l'homme n'est pas dans la connaissance, est-elle donc dans l'activité pratique? Non plus. La pureté de la connaissance comme la pureté des mœurs sont d'excellents moyens en vue de la fin véritable. Celleci n'est ni seule connaissance ni seule action, elle est véritable amour de Dieu. C'est de l'intensité de cet amour que dépend notre rapport avec Dieu et par là même notre félicité.

Pour Crescas aussi, l'âme est la forme et la véritable essence de l'homme; mais elle est, dès le principe, une substance spirituelle capable de penser, quoique ne pensant pas encore en acte. Étant d'abord une substance spirituelle, elle ne tient pas son immortalité de la pensée acquise. Elle réalise son perfectionnement par l'amour sans cesse approfondi de l'Être parfait.

Si nous aimons Dieu pour devenir heureux, ce n'est pas lui que véritablement nous aimons, c'est la béatitude. La fin suprême est dans l'amour, et non pas dans les effets

t. Traité II, sect. 5, ch. 5.

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