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Traité II, sect. 6, ch

INFLUENCE DE MAÏMONIDE. 2i9

résultant de cet amour. D'un autre côté, néanmoins, il est clair que la vie future, en ce qu'elle seule rend possible la communion permanente avec Dieu, doit être regardée comme le bien souverain. Gomment sortir de la contradiction? Voici : on peut envisager le bien souverain de l'homme de deux points de vue, divin et humain. Du point de vue de l'homme, l'objet dernier est l'amour de Dieu sans aucune autre préoccupation; du point de vue de Dieu, la fin de l'homme est d'être rendu participant du bien et de la communion avec Dieu, et donc de l'économie qui conserve durablement cette communion, c'està-dire la vie éternelle1.

Cette destination suprême nous fournit aussi le pourquoi de la création que Maïmonide prétendait inconnaissable. Si répandre le bien est l'exercice même de l'essence divine, la création s'explique le plus simplement du monde : c'est parce que Dieu est plénitude d'amour qu'il crée et aime les êtres et veut que l'homme s'élève à la perfection2.

Notons une dernière remarque sur les treize articles de foi posés par Maïmonide. Si Maïmonide a pensé compter les croyances sans lesquelles la doctrine juive ne serait point, il n'y en a que sept. Les autres propositions ne sont pas fondamentales, pas même la croyance au commencement temporel du monde, à l'immortalité, aux sanctions, à la résurrection, à l'immutabilité de la Loi, à la différence spécifique de Moïse, à l'avènement du Messie. Gomme le juste fait le bien sans espoir de récompense, la doctrine conserverait sa valeur même sans ces croyances. En niant, on est hérétique, mais on ne renverse pas la possibilité de la Loi3.

Hasdaï Grescas n'exerça pas directement une grande action sur la pensée juive, car son Or Adonaï ne rcncon-

t. Cf. Spinoza, Éthique, pars V, propos. 41.

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