Cf. Guide, \, ch. 68, p. 309 et suiv
2. Non pas confondre, car chez Maïmonide l'essence intelligible n'est pas innée dans l'homme, elle doit être sollicitée; et puis, elle est le privilège d'une rare élite.
3. Cf. Rivaud, Les notions d'essence et d'existence dans la philosophie de Spinoza, Paris 1906.
4. Cf. Jacohi, Die Lehre des Spinoza in Briefen an M. Mendelssohn, 1789, p. 30 : « Es sind eigentlich zwei Seelen in uns, eine ewïge und eine vergaengliche. Die erstere liefert die klare Erkentniss, die erstere soll die letztere meistern ».
INFLUENCE DE MAÏMONIDE. 255
la loi visible et devenue concrète. L'idée de la loi (comme l'idée de forme chez Maïmonide) rapproche le fini de Finfini, l'existence éternelle de l'éphémère. Il est réservé à l'âme humaine, infinie par l'idée de Dieu, de sentir et de percevoir par la conscience la vie universelle qui se manifeste en elle1 — comparez le rôle de l'intellect acquis chez Maïmonide.
Pour nos deux philosophes, en Dieu essence et existence ne sont pas séparées ; l'essence de Dieu est tout l'être, cela suffit pour nous assurer que Dieu existe nécessairement. Ils entendent d'une façon analogue les rapports de la prescience divine et de la liberté humaine (cf. Cogit. métaph., I, ch. 3, § 10, et Guide, III, ch. 23). Dieu ne tombe pas sous l'idée de finalité, tout dépend de sa volonté ou, ce qui revient au même, de sa sagesse, déclare Maïmonide (III, ch. 13; I, ch. 69, p. 321-322). Toutes choses, dit de son côté Spinoza, dépendent de la volonté de Dieu. Par conséquent, pour que les choses fussent autres qu'elles ne sont, il faudrait que la volonté fût autre qu'elle n'est. Or, la volonté de Dieu ne peut être autre qu'elle n'est (c'est une suite très évidente de la perfection divine). Donc, les choses ne peuvent être autres qu'elles ne sont (Éth., I, prop. 33, 2e scol.).
Si pour Spinoza la foi estime connaissance inadéquate, Maïmonide fait, lui aussi, une différence entre celui qui est religieux par simple tradition et celui qui Test par la pensée philosophique (III, ch. 23, p. 176). Pour l'un et l'autre, le bien suprême de l'âme c'est la connaissance de Dieu et la suprême vertu de l'âme c'est de connaître Dieu [Eth., IV, prop. 28); notre salut et notre béatitude consistent dans un amour constant et éternel pour Dieu (V, prop. 36, scol.). L'amour de Dieu est le bien le plus élevé que puisse désirer une âme que la raison gouverne (V, pr. 20). La béatitude consiste dans l'amour (h1 Dieu, et cet amour naît de la connaissance du troisième