Cf. III, ch. 54, p. 458 et suiv
Ce qui importe par-dessus tout, c'est la vérité. Il s'agit de ne pas s'abuser soi-même en décorant des sophismes du nom de démonstrations. Mieux vaut, quand on n'a pas de preuve, laisser le problème à l'état de question ouverte. En présence d'opinions opposées, il faut peser, non la quantité des raisons pour ou contre, mais la qualité ; il se peut que tel doute ait à lui seul plus d'impor tance que mille autres doutes1.
Nous devons prendre pour guides la raison et l'expérience : « La raison est le lien entre nous et Dieu » (Giride, III, p. 452). — « L'homme ne doit pas jeter son intelligence derrière lui, les yeux sont placés devant et non derrière » (Épître aux docteurs de Marseille). Maïmonide se distingue éminemment de son temps par son jugement sainement scientifique, et critique. Il est un des seuls à ne pas croire aux démons2; le mal n'a rien de démoniaque, il s'explique par la nature de la matière (Guide, III, p. kk). Il combat énergiquement l'astrologie3 (Guide, III7 ch. 29, 37, 46; Comment, sur Aboda zara, IV, 7; Kobéç, II, 5a-5b, 25acol. 2, 26acoî. 1 et 2). Il repousse magie et sorcellerie (Guide, III, ch. 37); il n'admet pas qu'on attribue à Aristote le livre magique Istimakhis (ib., p. 239). Il repousse l'angélologie, communément reçue4.