Guide, II, ch
2. Cf. ib., ch. 13, p. 107 et suiv. Parmi les philosophes juifs, Gersonide et Joseph Caspi (ou Bonefoux d'Argentières) posent, concurremment avec la création, l'existence éternelle de la matière; cf. Albo, Iqqarim, I, 12. Juda
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pas accule à nier les miracles. On pourrait expliquer les textes dans le sens de cette doctrine et même trouver des passages qui L'appuient. Mais comme cette opinion n'est pas démontrée, il n'y a pas lieu de s'y rallier. Nous prêterons prendre les textes dans leur sens littéral, et nous disons que la religion nous a fait connaître une réalité que nous sommes incapables de concevoir, et le miracle atteste la vérité de notre doctrine1.
Dés qu'on admet la création, en effet, tous les miracles deviennent possibles. À toutes les questions que les faits merveilleux soulèvent on répondra : « C'est ainsi que Dieu l'a voulu »; ou bien : « C'est ainsi que Fa exigé sa sagesse ». De même qu'il a fait naître le monde sous telle forme quand il l'a voulu, sans que nous puissions sonder sa volonté sur ce point ni savoir pourquoi il a choisi telles formes et telle époque particulières, de même nous ne saurions comprendre sa volonté ni sa sagesse, quand il a déterminé les circonstances des miracles. Si la nouveauté du monde était démontrée, ne fût-ce qu'au sens platonicien, les objections des philosophes tomberaient; au contraire, une fois l'éternité de l'univers établie à la façon d'Aristote, ce serait la ruine de la religion2.
Si la croyance à la création est un article de foi fondamental, il n'en est pas de même de la corruptibilité du monde3. Croire à la perpétuité de l'univers n'a rien de contraire à la foi. Le monde n'est pas né comme naissent les choses physiques, soumises à une loi naturelle. Ce qui est né selon le cours naturel des phénomènes doit nécessairement périr selon le cours de la nature : les choses
Halévi, dans Kozri, I, 65-67, déclare : « Si le fidèle se trouvait obligé d'admettre soit une matière primitive, soit l'existence d'une infinité de mondes précédant le nôtre, sa foi ne serait nullement entamée; car cela ne l'empêcherait pas de croire que ce monde-ci a commencé et que l'humanité descend d'un couple unique ». Pour Nachmanide, c'est une hérésie que d'admettre l'éternité du monde, Comment, sur Gen., I, 1.