‹ MaïmonideChapitre 64 sur 195 · LAME · texte numérisé non relu

LAME

sur l'intelligence : celle-ci est la forme de l'âme, comme l'âme est la forme du corps '.

Il faut rejeter les superstitions astrologiques, suivant lesquelles la naissance nous affecte de telle vertu ou de tel vice et détermine invinciblement notre manière d'agir. La doctrine juive s'accorde avec la philosophie grecque pour affirmer que l'homme est libre de ses actes, qu'il n'est soumis à aucune contrainte extérieure. L'individu ne possède pas originellement une vertu ou un vice tout faits2. Sans doute, en vertu de son tempérament, l'individu peut accomplir telle action plus ou moins facilement; mais il est faux qu'il y soit absolument forcé ou qu'il en soit absolument empêché.

En général, il est facile de gouverner la matière bonne et convenable ; que si elle est défectueuse, la chose devient difficile ; il n'est pourtant pas impossible d'en venir à bout à force d'exercice. Si l'homme n'était pas maître de sa conduite, toutes les prescriptions de la Doctrine comme aussi bien toute espèce d'éducation n'auraient ni sens ni objet. De même, toute responsabilité tomberait et, partant, il n'y aurait point de moralité 3.

Avec raison les docteurs ont dit : « Tout est entre les mains de Dieu, excepté la crainte de Dieu » 4. Beaucoup d'esprits se trompent là-dessus, et tiennent pour déterminés des actes laissés à notre liberté. Par exemple, on imagine que Dieu a préfixé telle ou telle union conjugale. De fait, en épousant une femme dans les conditions voulues on a rempli un devoir ; mais Dieu n'a rien déterminé d'avance au sujet de l'exécution d'un précepte. Quand les rabbins disent que «tout est dans les mains de Dieu », ils signifient les choses naturelles sur lesquelles l'homme n'a pas de pouvoir, comme d'être grand ou petit, connue

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