Ib., II, ch. 32, p
l'ame. 103
ponsable de ses actes. Voilà qui explique les préceptes, les défenses, les récompenses et les peines. Si nous professons ce principe, ce n'est pas que nous croyions que Dieu ne pourrait pas modifier la nature d'un individu. Cependant il n'a jamais voulu le faire et il ne le voudra jamais. Si c'était, en effet, sa volonté de changer chaque fois la nature de l'homme en vue de ce qu'il veut obtenir de cet homme, la mission des prophètes et toute la législation seraient inutiles.
11 dépend de nous de fortifier ou d'affaiblir le lien qui nous rattache à Dieu en appliquant au bien notre liberté, car il dépend de nous de solliciter l'irradiation de l'intellect !. Ce lien s'affermit lorsqu'on aime Dieu, il se relâche dès qu'on distrait sa pensée de Dieu.
1. Guide, III, ch. 51, p. 439 et suiv. ; cf. I, ch. 34, p. 125 et suiv.
C1IAP1TIŒ VII
Il y a trois sources de connaissances : 1. la raison qui démontre exactement (arithmétique, géométrie et astronomie) ' ; 2. les sens et l'imagination; 3. la tradition.
Tout ce qui est perçu par un organe sain est vérité-. Croire c'est admettre que l'objet conçu est hors de l'esprit tel qu'il a été formé dans la conscience. Si à cette croyance se joint la conviction que le contraire de ce qu'on croit est absolument inconcevable, on est en possession de la certitude. Le critérium de la vérité, c'est l'évidence rationnelle ; le consentement ou la contradiction universelle ne peuvent rien pour ou contre la vérité démontrée 3.
La recherche de la vérité exige qu'on rejette toute passion, toute prévention, toute croyance sur autorité4. Plusieurs circonstances empêchent généralement les hommes de voir la réalité telle qu'elle est : les ambitions et les rivalités, la subtilité ou la profondeur de l'objet considéré, l'ignorance, l'habitude et l'éducation, le tempérament et la passion5.
1. Dans certaines sciences comme l'astronomie, il faut distinguer entre ce qui est démontré et ce qui n'est qu'une hypothèse de travail. « Qu'il y ait une sphère excentrique ou un épicyle, c'est ce qui n'est pas établi, et l'astronome ne se préoccupe pas de cela, car l'objet de celte science est de poser un système dont le résultat s'accorde avec ce qu'on voit, etc. » Guide, II, ch. 11, p. 03.