‹ MaïmonideChapitre 67 sur 195 · Guide, 1, eh. 31, p. 107-108; II, ch. 23, p · texte numérisé non relu

Guide, 1, eh. 31, p. 107-108; II, ch. 23, p

Nous avons des connaissances claires et distinctes, dont les unes sont des notions premières, les autres des sensations, d'autres analogues à celles-ci. Telles sont, par exemple, l'existence du mouvement, celle du libre arbitre, l'évidence de la naissance et de la destruction, les propriétés naturelles des choses, propriétés qui frappent les sens, comme la chaleur du feu et la froideur de l'eau, etc. Ces connaissances sont si claires que même l'homme simple et sans culture les admet d'abord, sans qu'on ait besoin de les lui démontrer. Ce n'est qu'à la suite des extravagances de certains philosophes, en opposition avec la nature de l'être, niant ce qui est perçu par les sens ou voulant faire croire à l'existence de ce qui n'existe point, qu'il a fallu se mettre en devoir de prouver l'évidence. Ainsi Aristote établit le mouvement parce qu'on l'a nié, il démontre la non-existence des atomes parce qu'on en avait affirmé l'existence1.

La connaissance s'acquiert par deux facultés, l'imaginative et la rationnelle. Mais autre chose est la connaissance imaginative, autre chose la connaissance intelligibles.

La plupart ne connaissent que par l'imagination; aussi nient-ils l'existence de ce qui ne peut être saisi par cette faculté. Or l'imagination est une faculté inférieure, qui n'est pas distinctive de l'homme, puisque les animaux en sont dotés. A l'imagination s'oppose l'intelligence qui analyse les objets, distingue la forme et la matière, les causes efficiente et finale, l'essentiel et l'accidentel, le général et l'individuel. Grâce à l'intelligence, la démonstration devient possible, n'y ayant de démonstration que par le général. L'imagination ne saisit que l'individuel et le composé tel que l'offrent les sens ; ou encore, unissant des éléments qui dans la réalité sont séparés, elle forme des combinaisons extravagantes1. L'imagination ne peut pas

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