‹ MaïmonideChapitre 7 sur 195 · Op. laud., p · texte numérisé non relu

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M. MA1M0NIDK.

préférence. Il a accorde dans cet ouvrage, une place équitable I la partie philosophique, morale et rituelle du judaïsme, il j a même traité le côté sentimental de la religion juive, c'est-à-dire les espérances messianiques. Son travail es! en quelque sorte la résultante de toutes les tendances qui, depuis Saadia, le créateur de la philo- Bophie religieuse, se sont produites dans le judaïsme; c'est le résumé de I rois siècles d'efforts intellectuels. On peut presque dire que Maïmonide a composé un nouveau Talmud. Il a conservé, il est vrai, les anciens éléments, dont on connaît l'origine, la nature et la signification, mais il les a groupés et modifiés de telle façon, qu'ils se présentent sous un tout autre aspect. »

Le code de Maïmonide embrasse toutes les prescriptions du judaïsme, aussi bien civiles que religieuses. Il comprend même les commandements qu'Israël ne saurait observer dans la dispersion. Maïmonide considère comme également sacrés tous les préceptes halakhiques1. « Il sied .1 l'homme, dit-il, de réfléchir sur les lois de la Torah et de rechercher leurs raisons. Mais si pour quelques-unes Ton D'arrivé pas à découvrir d'explication, qu'elles nesoientpas pour cela dépréciées à ses yeux. Il ne faut pas penser légèrement sur les choses sacrées. »

Maïmonide ne s'est pas borné aux seules prescriptions religieuses et civiles, maisil a recueilli aussi les idées moales et philosophiques qui se trouvent semées dans la lit- - lit ure talmudique. L'ouvrage commence par un chapitre de haute philosophie, intitulé Séfer ha-Madda, « Livre de la Connaissance »2, et il débute par ces mots : « La base et h- fondement de toute vérité, c'est de reconnaître

1 . "n distingue dans la littérature rabbinique la Hagada de la Halakha :

miei terme s'applique aux narrations ou réflexions édifiantes, récréa-

ipéeulatives,elle n'a qu'une valeur subjective ; le second terme s'applique

a la législation civile et religieuse, elle a une valeur officielle, autoritative,

I • litre comprend cinq sections : 1. leçodé ha- Torah (fondements de la connaissance), 2. Déôth (science morale), 3. Talmud Torah (enseignement Id » Akoum (idolâtrie), 5. Teschouba (pénitence).

qu'il existe un Être antérieur à tout et qui a évoqué toutes les créatures à l'existence. » Faisant en quelque sorte écho à ces paroles, le dernier livre du Mischné Torah termine ainsi : « Le jour viendra où la terre sera remplie de la connaissance de Dieu comme l'océan est rempli d'eau. »

Grâce à cet ouvrage, le rabbin, appelé journellement à résoudre des questions religieuses et juridiques, n'était plus condamné à s'engager dans les mille détours du labyrinthe talmudique; il avait le moyen de connaître rapidement les termes et la solution des problèmes. Aussi bien, Maïmonide avait-il laissé entendre qu'avec son ouvrage on pouvait se passer du Talmud. Il l'avait écrit dans une langue facile, en néo-hébreu, afin de la rendre accessible à tous ses coreligionnaires.

Le code de Maïmonide eut un retentissement profond dans tout le judaïsme. Dix années ne s'étaient pas écoulées depuis sa publication, que le Mischné Torah devenait un ouvrage classique chez les Juifs d'Arabie comme chez ceux de Palestine, dans les Communautés de France et dans celles d'Espagne. De tous côtés des témoignages d'admiration et de vénération arrivaient à celui qu'on considérait comme un restaurateur de la Loi. Les rabbins les plus savants proclamaient sa supériorité et se faisaient un honneur de le consulter : Maïmonide devenait la plus haute autorité du judaïsme.

Il était humainement impossible qu'au milieu de ce concert de louanges ne s'élevassent point des voix discordantes. Un certain nombre de rabbins attachés à la lettre crièrent à l'hérésie. D'autres, jaloux de la gloire de leur collègue, s'appliquèrent à le dénigrer. Le plus acharné de tous fut Samuel ibn Ali, gaon1 de Bagdad, qui se sentait le plus directement atteint dans la suprématie spirituelle qu'il prétendait exercer au sein du judaïsme.

A côté de ces oppositions d'ignorance et de parti-pris,

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