Introd. au Guide, p. 10 et il
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homme à l'autre dans les perceptions sensibles et dans l'énergie physique, mais il y a une limite qu'aucun homme, si doué soit-il, ne saurait franchir. La même observation vaut pour la connaissance intelligible. Là aussi il y a de notables différences depuis l'imbécile jusqu'au génie; mais, si grande que puisse être la supériorité humaine, elle rencontre une barrière où nécessairement elle s'arrête1.
L'entendement humain est borné. Tant que l'âme est dans le corps elle ne saurait saisir le surnaturel; plongée et vivant au sein de la nature, elle ne peut voir au delà. L'homme est enfermé dans la connaissance naturelle. Toute notre connaissance vient de l'observation. C'est pourquoi notre science n'embrasse ni le futur ni l'infini, elle se renouvelle et s'enrichit avec nos découvertes successives2.
Not?*e connaissance de l'état actuel du monde ne nous permet pas de rien induire en ce qui concerne les origines pas plus que l 'au-delà. On ne peut en aucune façon, de la nature que présente une chose achevée, conclure à l'état où se trouvait cette chose au moment où elle se mouvait pour naître. On ne peut pas davantage conclure, de l'état où elle était au mom ent de se mouvoir, à l'état où elle se trouvait avant de commencer à se mouvoir. A plus forte raison sommes-nous incapables d'atteindre le transcendant 3.
Nous ne pouvons connaître que les choses sublunaires, le monde supérieur nous échappe, Dieu seul en peut avoir une parfaite intelligence4. Pourtant le désir nous presse de scruter ces problèmes5. Comme ils ne sont pas susceptibles de démonstrations véritables, nous en sommes réduits aux conjectures et à des opinions très divergentes. De là la grande confusion qui règne en matière de méta-