I, ch. 31, p
physique, alors qu'on est presque d'accord en physique et tout à fait en mathématiques1.
C'est la matière qui empêche de percevoir dans leur réalité les intelligences pures. Même les sphères qui sont d'une matière très subtile sont empêchées parcelle-ci de saisir les intelligences pures dans toute leur réalité. C'est à cela qu'on fait allusion dans les livres des prophètes, quand on dit qu'un voile nous sépare de la divinité, qu'elle nous est dérobée par une nuée, par des ténèbres, par un brouillard ou par des nuages, et autres expressions semblables. On nous signifie qu'en raison de la matière nous sommes incapables de percevoir Dieu2.
L'homme ne perçoit pas les formes pures, mais seulement les objets qui ont matière et forme 3. Encore notre intelligence est-elle trop faible pour comprendre l'essence du ciel, bien que nous sachions qu'il a nécessairement matière etforme. Mais cette matière n'étant pas la même que la nôtre, nous ne pouvons la qualifier que d'une façon vague. A plus forte raison ne pouvons-nous saisir Dieu, être absolument immatériel, absolument simple4.
Nous n'en pouvons saisir que les manifestations5. Autre chose est de connaître l'existence d'un être, au moyen de ses actions ou de ses accidents ou de ses rapports avec d'autres êtres, autre chose de connaître son essence. Pour connaître l'essence de Dieu, il nous faudrait être Dieu6.
Arrêtons-nous donc à ce qui est en notre puissance. Ce qui ne peut être saisi par le raisonnement, demandons-le aux prophètes, surtout à Moïse, le grand inspiré.
Le suprême degré de connaissance est le degré des prophètes7.