‹ MaïmonideChapitre 93 sur 195 · Ib., p · texte numérisé non relu

Ib., p

sive de l'essence. Cet attribut est à rejeter, car Dieu renfermerait de l'accidentel *.

k° L'attribut est un rapport avec un certain temps, un certain lieu, un autre individu ; exemple : Zéid, père d'un tel, habitant tel endroit, vivant en tel temps ». Ce genre d'attribut n'implique ni multiplicité ni changement dans l'essence du sujet. Il semblerait donc qu'il pût s'appliquer à Dieu. Mais, à la réflexion, cela n'est pas pertinent. Dieu, en effet, n'est en rapport ni avec le temps ni avec l'espace2. Il n'y a de rapport qu'entre deux choses qui sont sous une même espèce prochaine ; lorsqu'elles sont seulement sous un même genre, non. Gomment, étant donnée l'incommensurabilité entre Dieu et la créature, y aurait-il une relation quelconque entre eux? Ajoutez qu'un semblable rapport, s'il n'est pas, à la vérité, un accident dans l'essence divine, est toujours une sorte d'accident3.

5° La chose a pour attribut son action ; exemple : « Zéid a bâti ce mur et tissé cette étoffe ». Cette sorte d'attribut peut s'affirmer de Dieu, pourvu qu'on sache que ces actions diverses n'émanent pas de conditions diverses existant dans l'essence divine, mais sont des manifestations mêmes de son essence4.

Donc, Dieu est l'Un absolu. Les attributs dont parle l'Écriture désignent des manifestations de l'activité divine, et non une multiplicité dans l'essence suprême. Car qui dit attribut dit composition, et qui dit composition dit corporalité. 11 ne faut d'ailleurs pas prendre littéralement les qualités que les prophètes affirment de Dieu, car « l'Écriture s'exprime selon le langage des hommes5 ».

La diversité des actions n'implique pas la multiplicité

1. Guide, I, ch. 52, p. 193-198; cf. 59, p. 250; cf. Ahron b. Elie, philosophe caraïte (1300-1369), Eç'Hayim, ch. 70.

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