P. ex. Saadia
3. Cf. Alfarâbi, Principes, p. 12-13 ; Abraham ibn Dâoud, Emouna ramaT p. 87.
4. Cf. Spinoza, Ethique, scolie de la prop. 17 : « L'entendement et la vo-
définition commune à Dieu et à l'homme, on ne saurait désigner par un nom commun les attributs de Dieu et les attributs de l'homme. La différence ne consiste pas dans le plus ou le moins, elle n'est pas en degré mais en nature1.
On ne peut même pas admettre comme attributs de Dieu Y existence, Y unité, Y éternité*.
L'existence est un accident survenu à ce qui existe, elle est accessoire à la quiddité3. Mais pour Dieu, dont l'existence n'est pas causée, dont l'existence est nécessaire, son existence est son essence4 et son essence est son existence. Donc il existe, mais non par l'existence; et, de même, il vit mais non par la vie, il peut mais non par la puissance, il sait mais non par la science5.
L'unité, en tant qu'accident, ne saurait être attribuée à Dieu, être réellement et absolument simple. L'unité n'est pas une chose ajoutée à son essence; il est un, non par V unité. Le langage humain trahit la pensée : pour indiquer que Dieu n'est pas multiple, nous sommes forcés de recourir au mot un, quoique l'un et le multiple fassent tous deux partie de la quantité. Pour éviter l'équivoque, on a employé l'expression : un-non par l'unité.
Il en est de même pour le qualificatif d'éternel. Là en-
lonté qui constituent l'essence de Dieu devraient différer loto cœlo de notre entendement et de notre volonté, et n'offriraient pas plus de rapport que le chien, signe céleste, et le chien, animal aboyant ».
1. Guide, I,ch.56; cf. ch. 35, p. 131. Gersonide admet que la connaissance divine et humaine, quoique immensément séparées l'un de l'autre, sont pourtant analogues.