Guide, I, ch
4. Nous saisissons le oti, mais non le ti; Huit Chap., ch. 8, p. 79 et 80; Guide, II, ch. 18, p. 143; cf. Aristote, Dern. Analytiques, liv. II, ch. 2; Steinschneider, Alfarabi, St-Pétersbourg 1869, p. 70; Ba'hya, ^Hôbôthha- Lebabôth, I, ch. 10.
cun attribut affirmatif, car il n'a pas d'être en dehors de sa quiddité1. Quand donc nous disons de Dieu : qu'il existe, nous voulons signifierque sa non-existence est inadmissible ; quand nous disons qu'il est vivant, nous voulons indiquer qu'il n'est pas sans vie à l'instar des éléments inertes ; en affirmant qu'il est parfait, nous entendons nier qu'il soit affecté d'aucune imperfection, etc. 2.
Par conséquent, tout attribut que nous prêtons à Dieu est un attribut à' action ou bien marque la négation d'un privatif.
Mais s'il est impossible d'atteindre la véritable essence de Dieu, si les attributs affirmatifs nous sont interdits, en quoi la connaissance du penseur est-elle supérieure à celle du premier venu? — En accumulant les attributs négatifs à l'égard de Dieu, on a de lui une connaissance plus exacte qu'en ne statuant pas les négations nécessaires. On resserre le cercle autour de la vérité3.
Mais prêter à Dieu des attributs affirmatifs, ce n'est pas seulement le concevoir autrement qu'il n'est et admettre en lui la pluralité, c'est en quelque sorte nier son existence4. De l'existence nécessaire de Dieu résulte sa
1. Les êtres qui sont causés entrent dans un genre et se distinguent par une différence; leur quiddité, par conséquent, est composée. L'homme étant défini un « animal raisonnable », sa quiddité est déterminée par ces deux attributs, dont l'un indique le genre et l'autre la différence. Dieu n'est pas causé, il n'entre dans aucun genre, sa quiddité ne peut être que simplicité absolue. Voir Munk, I, p. 242, note 2.
2. Guide, I, ch. 58, p. 247 ; cf. 59, p. 250. Grégoire de Nazianze proteste contre la connaissance purement négative de Dieu. Selon Duns Scol,ilne faut pas dire que nous savons seulement de Dieu ce qu'il n'est pas. En parlant des créatures, nous arrivons à Dieu par trois chemins : ma causae, nous démontrons que Dieu existe; via eminentiae, nous affirmons de Dieu, sauf en ce qui les limite, les qualités comme la vie, l'intelligence, la bonté; via negationis, nous excluons de Dieu ce qui implique borne ou imperfection. Mais nous ne saurions naturellement avoir de l'essence de Dieu une intuition directe quelconque. Pour Thomas d'Aquin, il emploie deux espèces d'analogie quand il parle de Dieu, l'analogie de proportion ou d'attribution et l'analogie de proportionnalité.
3. Le cabbaliste Abraham Aboulafia pense de même; voir Jellinek, Philosophie und Kabbala, I, p. 36. Salomon Maimon ( Lebeasgeschichte, II, p. 43, Berlin 1792) offre comme analogie les nombres irrationnels ou imaginaires.
4. Rien de plus choquant que d'accumuler lesépithètes à l'égard de Dieu. Maïmonide s'appuie du passage suivant du Talmud Berakôth, 33" : « Quel-