ACTE TROISIÈME
une grande perche, maipre comme un jour sans pain... teinte au henné... l'air volontaire I
GARRIGUE
Ça, oui... par exemple!
COLETTE
Ah? il paraît que vous la connaissez! mes compliments! Vous avez de belles relations!
Garrigue baisse la tête MADAME BRIDIER
Et puis?
COLETTE
Sous le porche, ils se sont séparés. Elle a pris à droite, il a pris à gauche. Il a passé près de ma voiture; il parlait tout seul, je l'ai entendu.
MADAME BRIDIER.
Ah! que disat-il?
COLETTE
Il a dit : Bon sang! c'est pas un métier!
BIUDIIÎR et GARRIGUE.
Ah!
COLETTE
Dès qu'il eut tourné le coin de la rue, j'allai questionner le concierge; moyennant la modique somme de cinquante franc.?, j'ai obtenu tous les renseignements que j'ai voulu. II m'a confié que cette fille avait été la maîtresse de mon mari avant mon mariage... Vous saviez cela, monsieur Garrigue?
Mon Dieu, madame!
COLETTE
Et sans doute, vous n'ignorez pas qu'il la revoyait
depuis deux mois. Vous avez dû me trouver bien sotte, quand je vous racontais qu'il n'avait jamais aimé que nfti ? Depuis deux mois qu'il est retourné là-bas, il ne s'est pas passé de jour qu'il n'ait joué la comédie de la tendresse... et tout à l'heure, en rentrant, il recommencera. Vous qui étiez au courant de tout, vous monsieur Garrigue, son ami, pourquoi ne l'avez-vous pas empêché de faire cela ?
GARRIGUE
Elle le tenait par des lettres.
COLETTE
Oui, oui, je sais. Il paraît que cette personne se vante partout de « le faire marcher droit ! » Elle a plus de chance que moi... La vérité, c'est qu'il ne peut se passer d'elle !
MADAME BRIDIER.
Naturellement l
GARRIGUE
Ah ! Dieu I au contraire, c'est son cauchemar I Si vous vous doutiez !
MADAME BRIDIER.
Vous êtes son ami, vous le défendez I
Madame, je vous jure !
MADAME BRIDIER.
Tiens, vous jurez aussi?
GARRIGUE, à Bridior.
Mais tapez donc dessus, vous qui en avez le droit 1
BRIDIER.
Le droit, je l'ai bien ; mais c'est le courage qui me manque I