id.,p. 278-27'.i
*^^ MAIXE DE BIRAN.
à la critique de Hume. Ou n'eût pu prévoir, dit-il, l'effet dans l'énergie de la cause. Pourquoi non? L'effet est le mouvement, la cause est la volonté motrice. Cette volonté — nous aurons bientôt l'occasion de revenir sur cette idée -n'est pas un projet de mouvement, mais une volonté actueUe, efficace. Elle est donc inséparable du mouvement qu'elle produit.
Cette séparation, la nature l'opère, dit-on : la paralysie supprime le mouvement sans atteindre la volonté - Est-ce bien sûr? Et qui l'a démontré? Un organisme immobile dans toutes ses parties serait pour la volonté un insupportable fardeau : pliant sous ce faix immobibsée par cette inertie, elle ne réussirait sûremeni pas a prodmre le premier acte où elle prend conscience d elle-même i ; le moi ne naîtrait pas. Quant à l'illusion du paralytique qui croit encore mouvoir ses membres inertes, elle suppose, au lieu de l'inOrmer, le témoignage de ]a conscience 2. D'où vient cette foi dans l'efficacité du vouloir et de l'effort? sinon d'une conscience primitive Il est juste d'ailleurs de reconnaître que ce qui est voulu d abord, c'est l'effort^ et le mouvement, au moins ébaucbé qui en résulte immédiatement; quant aux autres mouvements plus apparents où ce mouvement initial se répercute et s'ampHfie, ils ne sont probablement unis à l'effort qu'en vertu d'une habitude.
On n'a pas établi que l'effort puisse être séparé du mouvement. Ces deux termes se supposent l'un l'autre;