Science et psychologie, p
H4mE DE BIBAN.
de plus dans la notion que dans le moi : celle-là était le redoublement idéal de celui-ci. Quant aux principes de substance et surtout de causalité, il en était à peine question. Pour les détruire, les sensualistes s'étaient contentés de montrer que les idées de substance et de cause n'avaient pas d'objet. Maine de Biran paraissait croire qu'il suffisait de retrouver, et par Texpérience, cet objet vainement chassé du domaine du réel, non seulement pour rétablir les idées qui le représentent, mais encore les principes qui se fondent sur lui. Ici, au contraire, les notions sont des formes auxquelles le moi fournit une matière ; elles ont un objet, mais inaccessible à la connaissance et que nous n'atteignons que par la croyance.
En relation avec l'absolu, elles sont de plus liées aux phénomènes, la notion de substance à un mode, la notion de cause à un effet; et c'est par des bonds successifs que l'esprit, en prenant conscience de l'effort, conçoit la substance et lacause, qu'ensuite il s'élève de l'effet àla notion de cause, et que, de cette notion, il passe à l'objet qu'elle représente ^ : à l'analyse, Maine de Biran a substitué la synthèse. Cette opération en effet est synthétique. La notion n'est pas dans le moi, elle est encore moins dans le phénomène; et l'objet n'est pas dans la notion. Qu'est-ce qui relie ces termes? Un acte de l'esprit et les principes qui
le règlent.
Cet acte est-il légitime? Maine de Biran nous répond qu'il est nécessaire, que nous ne pouvons pas ne pas l'accomplir ni, quelque effort que nous fassions, lui refuser notre