‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 102 sur 135 · Science ei psychologie, p · texte numérisé non relu

Science ei psychologie, p

THÉORIE DE LA CONNAISSANCE

assentiment : nous croyons invinciblement à ces êtres inaccessibles que nous appelons l'àme et le monde * . Et ce ne sont pas des conséquences lointaines auxquelles nous nous sentons inclinés par une sorte de contrainte intérieure; mais des inférences spontanées, immédiates, si intimement liées à notre pensée que nous ne pouvons l'en dégager. Cela est si vrai qu'elles sont les fondements requis des doctrines qui les nient. (( Condillac, dès le début de son Traité des sensations, pose... une âme, des organes matériels, des objets qui agissent sur sa statue... S'il n'y avait en nous que la sensation, il ne pourrait y avoir aucun sens attaché au signe dont on se sert pour énoncer le postulatum de la doctrine, et quand on dit par exemple : j'approche une rose du nez de la statue, etc. , ces termes substantifs : rose, nez, statue, n'auraient absolument aucune signification hors de la sensation actuelle et accidentelle d'odeur... Pourquoi supposer des causes, des substances existantes avant la sensation?... Qu'on essaie donc de s'en passer, seulement quelques instants, et d'imaginer une sensation abstraite d'un sujet sentant et d'une chose sentie. Cette nouveauté mérite bien la peine d'être tentée 2. » On n'y pourra réussir. On ne sépare ces notions de la pensée que par une sorte de fiction verbale ; elles s'y insinuent malgré le dessein arrêté que nous avons de les exclure.

Grâce aux notions et aux principes, nous pouvons fran-

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