‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 103 sur 135 · Ihid., p · texte numérisé non relu

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chir les limites du monde phénoménal et atteindre l'absolu. La portée de notre esprit s'en trouve immensément accrue : il parvient à s'emparer de la totalité de l'être. Mais n'est-ce pas au prix d'une contradiction? Maine de Biran ne va-t-il pas ou renier sa doctrine ou se mettre dans une impasse? Ni les notions, ni les principes ne viennent de l'expérience. S'ils sont innés, c'est Descartes qui l'emporte et l'on a eu tort de le combattre. S'ils ne le sont pas, ils ne sont donc ni antérieurs ni postérieurs au travail de îesprit. Comment peuvent-ils le régir? Us n'apportent pas une solution, mais une énigme. Que sont-ils enfin et

d'où viennent-ils?

La difficulté serait insoluble, si les notions et les principes étaient l'objet d'une intuition. Mais il n'en est pas ainsi. Us ne sont pas une idée, mais une loi qui dirige la pensée dès queUe s'éveille et l'achemine vers un terme fixe : c'est l'expression abstraite d'une tendance réelle et concrète du moi. Pour connaître cette loi, U suffit que le moi fasse un retour sur lui-même et prenne conscience de son mouvement et de son ascension nécessaire ' . Mais, même avant qu'elle soit connue, la loi agit : elle s'impose à l'esprit qui l'ignore et le conduit. Dès que nous pensons et qu'avec la pensée surgit cette muUiplicité essentielle et primitive, l'effort et la résistance, le moi et le non-moi, apparaissent simultanément l'idée de cause et ceUe de substance. Nous les situons derrière les phénomènes avant que nous soyons parvenus à cette formule abstraite : Il n'y a pas de mode sans substance, tout

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