Science et psychologie, p
THÉORIE DE LA CONNAISSANCE
phénomène qui commence suppose une cause. Par là, Maine de Biran se rapproche de Leibnitz : pour lui aussi, les principes sont comme les muscles de l'esprit; qu'on les supprime, il ne peut se mouvoir et demeure inerte. II est inutile de donner des preuves de leur existence. Mais pourtant, s'il en fallait une, il suffirait de constater que, où qu'ils soient nés et quelle que soit leur éducation, tous les hommes peuvent s'entendre; qu'il y a donc un développement primitif, le même chez tous, une évolution de la pensée tournée dans le même sens, et dans une règle qui la détermine et la fixe i.
Cette règle est universelle : c'est le fondement de la croyance; elle constitue la raison. Comme Cousin, Maine de Biran l'appellerait volontiers impersonnelle ; et lui seul donnerait à cette formule un sens vraiment intelligible. Si la raison en effet est une intuition intellectuelle, cest-àdire un acte de l'esprit, on conçoit mal qu'elle soit impersonnelle. Tout acte, fùt-il spontané et irréfléchi, est essentiellement individuel. Mais, si la raison est une loi, U faut du même coup qu'elle soit non seulement universelle, mais nécessaire.
De plus, elle s'empare de la direction de la pensée, dès son apparition. Elle lui est donc antérieure, comme toute loi l'est aux êtres qu'elle dirige. Et puisque, du moins à l'origine, elle est inconsciente, il n'y a aucune difficulté à ce qu'elle précède la pensée.
Mais quelles que soient sa nature et les relations qu'eUe soutient avec la conscience, elle ne peut être suspenduedans
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