‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 11 sur 135 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

4. La mémoire s'est afifaiblie... C'est par la perte de cette faculté que je mesure l'affaiblissement de mes forces intellectuelles... c'est une véritable maladie d'esprit, ou un affaiblissement qui correspond à celui des forces physiques {Pensées, p. 163).

•5. Ibid.,V- 1^1; cf. 206, 260, 301.

LES SOURCES DE LA DOCTRINE

les livres à sa portée. S'il écrit, sa plume s'arrête, hésitante comme sa parole devant un public : l'irrévocable lui fait peur. Toute idée qu'il exprime, à peine émise, saisi d'inquiétude il voudrait la rappeler *. De là sa manière de composer. Il va sans dessein précis, comme à l'aventure; c'est par lambeaux qu'il lui faut arracher de son esprit les éléments de sa pensée avant d'arriver au plan de son œuvre. Est-il besoin de dire qu'elle garde la trace de ce travail, qu'elle en porte la douloureuse empreinte. Toute activité régulière est au-dessus de ses forces, un fardeau sous lequel il plie ; il y trouve à peine une diversion à son inquiétude. C'est alors que, dans la solitude qu'il a tant désirée, le souvenir du monde où il pouvait au moins se fuir lui-même, lui revient obsédant et aggrave d'un regard son agitation fébrile.

Nature malheureuse, dira-t-on, inactive et impuissante. Oui, mais âme d'élite et volonté admirable. Tout n'est pas impuissance dans ces hésitations perpétuelles.

|S'il déserte la tribune, si, dans le monde de la politique et des affaires, il erre « comme un somnambule », inatten-

Itif et distrait, c'est qu'il lui est impossible de prendre in-

jtérêt aux questions qui s'y agitent et d'en partager les

I passions 2.

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