‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 110 sur 135 · Pensées, p · texte numérisé non relu

Pensées, p

donc subsister s'il n'y avait pas un être éternel, infini, immuable, dont ces vérités sont les attributs, en qui seul elles subsistent comme les attributs dans leur sujet, et en qui seul elles peuvent toujours et parfaitement être entendues*? »

Mais ce serait peu que Dieu fût le fondement métaphysique des idées et des vérités éternelles, si nous ne parvenions à lui que par le raisonnement. Conséquence lointaine des opérations de notre esprit, il ne pourrait ni affermir notre connaissance ni en attester la valeur. De lui à nous Tabime serait immense. Même franchi, iln,e serait pas aboli. Il resterait vrai que Dieu se dérobe à toute prise directe, que notre élan pour atteindre l'éternel et Finfini se termine à nos idées, c'est-à-dire aux produits de l'activité mentale, que tout efibrt pour nous élever au-dessus du moi avorte nécessairement et que nous retombons sur nous-mêmes : l'existence de Dieu et les vérités qu'il renferme seraient solidaires des principes dont nous les aurions déduites ; et la base de la certitude que Maine de Biran avait voulu élargir, ramenée à ses proportions primitives, se retrouverait trop étroite.

Nous n'en sommes pas réduits là : nous nous trouvons en contact immédiat avec Dieu ; et, d'une manière confuse,

nous le voyons.

On vient d'indiquer rapidement la démonstration de l'existence de Dieu que Maine de Biran a acceptée. Elle est nécessaire et nous allons bientôt marquer à quoi se réduit cette nécessité; eUe ne suffit pas. Avant de démontrer

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