Pensées, p
au parallélisme qu'elle suggère entre la vision matérielle qui s'opère par les yeux du corps, et la vision mentale. Elle est grosse de vérité. L'esprit ne fait pas plus la lumière intellectuelle, que l'œil la lumière du soleil : l'une, comme l'autre, est indépendante de nous; nous dépendons d'elle. Et, si nous avons la liberté d'en détourner nos regards, nous ne pouvons ni la créer ni l'éteindre. Ni la vérité ni la lumière intellectuelle ne viennent de nous : elles ne sont pas le résultat de l'activité de notre pensée ^ . Mais encore, qu'est-ce que cette lumière intellectuelle? Elle est aux vérités particulières ce que la lumière du soleil est aux corps : c'est grâce à elle qu'elles nous apparaissent. Mais quelle réalité voile cette métaphore? Qu'est-elle en elle-même, cette lumière? c'est l'idée de Dieu. « L'être absolu qui est au fond de notre être, et n'est autre chose que l'idée de Dieu toujours présente, est ce qui nous rend capables de connaître les vérités particulières ou relatives^. »
Il y a deux voies qui nous mènent à Dieu : le raisonnement et la vision directe. Elles paraissent s'exclure : le raisonnement suppose une incertitude ou un doute incom-