‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 113 sur 135 · PenséeSy p · texte numérisé non relu

PenséeSy p

2. PenséeSy p. 348; — cf. ibid.^ p. 340 : Le moi ne crée rien que le lïiouTement ou la sensation qui l'accompagne ; quant aux idées ou conceptions intellectuelles qui lui sont présentes, il les voit dans une lumière qui lui est intime, mais qu'il ne fait pas et qui est en lui, sans être lui-même; voilà la Lux vera quœ illuminât omnem hominem; voilà aussi ce qu'est le Deus in nobis.

LA VIE DE l'esprit.

patible avec la vision; la vision rend toute démonstration

inutile.

Entre l'une et l'autre, il semble que Maine de Biran peut opter et que son choix est fait. D'après lui, l'étude du moi doit précéder l'étude de Dieu. Intervertir cet ordre est un vice de méthode fondamental qu'on ne saurait assez réprouver et qui fatalement conduit à l'erreur*. C'est un des points essentiels de sa doctrine ; et il y revient sans cesse. Mais quel besoin aurions-nous de nous connaître nous-mêmes pour ne pas nous égarer dans l'étude de Dieu, si Dieu qui nous est toujours présent se dévoilait lui-même à nos regards? — Il est présent sans doute et nous le voyons, mais cette vision est obscure : Dieu est là, mais comme sous un voile ; nous pouvons l'atteindre, mais non le discerner nettement. C'est pour cela que Maine de Biran accepte les deux méthodes qui paraissent s'exclure et qu'il s'élève à Dieu simultanément par les deux voies qu'il croit ouvertes. Le raisonnement est plus long, mais il est plus sûr ; la vision est plus prompte, mais elle est indistincte. Qu'on fasse appel au raisonnement, l'esprit ne risquera plus de s'égarer : il sera sûr que l'objet de cette vision obscure qui lui est toujours présent, qui fait le fond

1. C'est la psychologie expérimentale, ou une science d'abord purement réllexive, qui doit nous conduire également à la détermination de nos rapports moraux avec des êtres semblables à nous et de nos rapports religieux avec l'être supérieur, infini, d'où noire âme sort et où elle tend à retourner par l'exercice des plus sublimes facultés de sa nature. C'est pour avoir voulu aborder ex abrupto les notions morales et théologiques, prises pour bases de la science, c'est en faisant abstraction complète des facultés purement individuelles de l'âme, ou du moi humain, que des hommes à imagination brillante et forte, mais étrangers à la méditation, se sont engages dans une fausse voie {Pensées^ p. 390).

LA VIE DE l'esprit.

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de sa pensée et qui n'est pas lui, est Dieu. Qu'il s'appuie sur la connaissance du moi pour interpréter et préciser cette vision, sans rien perdre de sa certitude elle y gagnera plus de clarté ^ Le raisonnement et l'induction ne seront que des méthodes auxiliaires, des moyens de mieux voir l'objet placé sous ses regards. La vraie voie, c'est la vision.

On connaît la théorie psychologique du contradicteur et du compétiteur de Maine de Biran, Ampère, sur ce qu'il appelle les concrétions. Vous êtes au théâtre, vous entendez un opéra dont les mots vous arrivent obscurs, indistincts. Prenez le livret, suivez son texte : l'articulation du chanteur qui vous paraissait confuse, devient nette; vous l'entendez distinctement. Entre les mots que vous lisez et ceux que vous entendez, s'opère une synthèse mentale : c'est une concrétion. N'en est-il pas de même de ridée de Dieu? Il est présent. Nous ne sommes pas sûrs de le voir et nous le voyons mal. Le raisonnement affermit notre vision et l'induction l'éclairé : c'est aussi une concrétion.

Nous voyons Dieu. Il n'est pas seulement le fondement métaphysique de nos idées, il est de plus la cause qui les produit et leur objet immédiat : il est directement perçu. Nulle de nos idées ne reste donc isolée de Têtre ; elles dérivent toutes du moi ou de Dieu. Le réalisme psychologique de Maine de Biran ne s'est pas contredit ; il a touché le terme auquel il devait naturellement aboutir. Il avait cru trouver tout en lui; il se trom-

^ ^ raison explique ce qui était donné avant elle, et dans le sentiment même de noire existence (Œuvres inédites..., t. III, p. 53).

n,it • il n'v a que Dieu, vérité absolue, qui puisse ainsi se ;L àlU-e. En Dieu, la vérité et l'intelligence r.c "^qu'un : rentendenxent divin, étant la venté nxéme est ÏÏ i'Ue son unique objet. Il en va di«ére-ent ^^ intelligences finies. Quand j'entends cette vérxte . Dieu :t ette vérité n'est pas nion intelUgence ou ne vxen^^pa. d' le quoiqu'elle soit en elle. Ainsi l'intelbgence et lobe eili! peuvent être deux; en Dieu, ce n'est jamaxs ÏuZ parce qu'il entend tout en lui-même et que ce qu. West pas lui est en lui comme dans sa cause.

Ïes'flits psychologiques de conscience du mo. nous aonrent dan's l'ordre relatif pbénoménique ^ represe^ tation de ces vérités dans l'ordre des réalités absolues ;!Ln.)- Dans l'acte de réflexion interne, la,. ^^^^^^^^^^ on objet ne font qu^nn, comme en Dieu la vente absolue sTaeie et ne fait qu'un avec l'intelligence ^nfin^eK

jonade, p. 59, Périgueux, 1896.

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