‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 124 sur 135 · Mayjonade, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Mayjonade, loc. cit., p

2 Id., ibid., p. 149.

LA VIE DE l'esprit.

cession de la Fête-Dieu à Bergerac. Dira-t-on que, dans ces occasions, il agit en politique plus qu'en chrétien, que la religion catholique lui parait fournir au trône un appui solide et que dès lors elle lui semble bonne à répandre? Ce serait bien peu d'accord avec sa nature si franche, si docile à la vérité, si prête à suivre ses lumières. Il serait bien plus étrange encore que ce souci politique ne l'eût pas abandonné, même dans ses relations de famille. Assurément, quand il écrivait à ses fdles, il songeait, non pas à consoUder le trône, mais à épancher son âme et à former la leur. C'est avec elles qu'il s'entreietnt de ses projets de rétablissement de la Religion ; et, dans les conseils qu'il leur donne, respire la foi la plus sincère. Il leur prêche la soumission cala volonté de Dieu et leur indique les moyens les meilleurs de travailler à leur salut : ses paroles sont celles d'un directeur sage et prudent. Dans la vie privée, comme dans la vie pubhque, son attitude est celle d'un croyante Est-elle feinte? Il est difficile de le croire. Et, si elle ne l'est pas, si d'autre part il ne fut ni faible ni indifférent, comment expliquer ces divergences entre sa foi et sa conduite?

Son journal où il note pourtant tous les mouvements de sa pensée, est à peu près muet sur ce point. Quand il songe à l'appui que trouvent dans la religion ceux pour qui elle est, non pas une vue de l'esprit, mais une habitude, il se prend à regretter d'avoir vécu loin d'elle si longtemps;

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