Ibid
même pour supprimer des résistances que, même à cette heure, il ne peut s'empêcher de sentir? Il s'attache pourtant au stoïcisme ; et si cette doctrine ne réussit pas à produire, dans sa conduite et pour son bonheur, tous les effets qu'il en attend, elle se développe dans son esprit. Se mettre « au-dessus de ses affections, les juger et ne jamais s'en laisser dominer » ; « être toujours au-dessus des influences, de toutes les opinions, les apprécier à leur juste valeur et ne jamais les prendre pour guides de nos actions, ni pour mesure du bonheur * » ; « ne chercher la félicité que par les choses qui sont en notre pouvoir », par les bonnes actions, la paix de la conscience, la poursuite du vrai, du bon... 2 : c'est le plan de conduite qu'il se propose, l'idéal qu'il essaie de maintenir sous son regard.
Mais il ne peut s'en tenir là. Dès le début, en pleine période épicurienne, dans cette page fameuse où de vagues aspirations vers la vertu se mêlent au désir plus pressant d'une vie heureuse par la sensation, il réclame un guide et un soutien pour s'élever au-dessus de lui-même ^. Plus tard, en 1811, il cherche un appui et il se demande avec inquiétude : Où est-il? A défaut d'une main amie, il a besoin d'un idéal qui le fixeet qui mette fin à ses agitations intérieures. Ce besoin deviendra de plus en plus vif. On peut en suivre les progrès dans son journal. Le sentiment de l'existence où il a autrefois trouvé la joie ne lui est plus d'aucun secours. Il passe son temps dans la tristesse, la souffrance physique, la préoccupation d'esprit, le