‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 30 sur 135 · o«ce *l piyfAotepif, p. 119; <Cibid.,p, l · texte numérisé non relu

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LE MOI

traste s'établisse, il faut deux termes; la sensation n'en fournit qu'un. Il n'y a pas, à vrai dire, de faculté, mais une réceptivité pure, indéterminée, sûrement inconsciente, et plus loin, dans un lointain inaccessible, l'âme que la conscience n'atteindra jamais. La formule de Condillac épuise toute la réalité du premier acte : il y a une « odeur de rose », et pas de résidu qui prête à l'opposition qu'on réclame, un fondement^. Le moi, la substance a disparu comme la cause; et il ne faut pas s'en étonner, puisque ces deux concepts sont identiques, qu'ils ont la même source ou plutôt qu'ils sont des aspects divers d'un fait unique et fondamental. Il n'y a ni moi, m substance, ni cause.

Que reste-t-il? Une poussière de sensations, sans umté et sans lien, dont on ne peut dire si elles sont extérieures ou intérieures. Il devrait rester autre chose pourtant. Condillac, en effet, a posé à Torigine et la matière et le inonde et l'âme et le corps qu'elle anime. C'est de leur rencontre, de l'impression de la matière sur les organes vivants que vient la sensation ; et d'où pourrait- elle venir sinon de là? Et il se trouve que, le système une fois développé et parvenu à sa formule définitive, il n'y a plus ni cause, ni substance ^~. Le monde s'évanouit, le corps vivant disparait; il ne reste plus que la sensation, suspendue dans le vide, isolée de tout, sans sujet, sans cause et même sans antécédent.

Conclusion faite pour surprendre, système, à vrai dire, contradictoire. Mieux que la critique la plus avisée et la

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