‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 35 sur 135 · Ihid., p · texte numérisé non relu

Ihid., p

LE MOI

ment dans cette pensée substantielle que le raisonnement, et non la conscience, vient de nous révéler i.

Mais s'il en est ainsi, ce n'est pas le raisonnement qui pourra nous conduire à la connaissance de la substance, de l'âme. Cette connaissance est primitive, éternelle si l'âme est éternelle, antérieure à tout, innée, ou plutôt identique à l'âme elle-même. Et c'est une erreur de la présenter comme la conséquence d'un fait de conscience individuel et isolé. Elle précède et domine toute connaissance particulière. Elle ne peut être déduite 2.

Au lieu d'une conséquence immédiate ou d'une simple inspection de l'esprit, il y a toute une série subconsciente de conclusions superposées; au lieu d'un acte unique et rapide, une suite d'évolutions et de mouvements dont on peut voir maintenant la ligne sinueuse. De la pensée, Descartes passe à la substance, et de la substance à la pensée. Et, ce faisant, il ne revient pas sur ses pas. Car la première pensée est passagère et relative, la seconde est permanente et absolue ; la première n'enveloppe qu'un moi phénoménal, la seconde contient la substance même de l'âme. Ce qui les unit, c'est le moi, dont Descartes méconnaît la nature. Celui qu'il pose dans le fait de la pensée, n'est qu'un phénomène ; il le prend pour une substance. De cette confusion sortent les paralogismes indiqués déjà, qui se succèdent et s'engendrent.

Il y a donc deux pensées : Tune transitoire et contingente, qui enveloppe un moi phénoménal; l'autre perma-

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